📰 Faits divers


Source: le parisien

Tout va bien dans ce monde​:poop: :roll_eyes::face_with_symbols_on_mouth:

« Cela ne me faisait pas changer d’itinĂ©raire. Â»

À partir de ce moment-lĂ , ça aurait du ĂȘtre classĂ© sans suite
 juste un peu de bon-sens, quoi. :pls:

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La sociĂ©tĂ© dĂ©nonçait ces « nombreux arrĂȘts sauvages » du chauffeur et lui reprochait surtout son insubordination. « Quand je lui ai demandĂ© de ne plus ramener les enfants chez eux, il m’a insultĂ© », indiquait le responsable d’Europ Voyages.

Aucune logique dans la décision, mais je pense que cette partie à du jouer dans la délibération :hoho:

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Oui c’est pas faux. :hoho:

C’est certainement les insultes qui ont pesĂ©.

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Source: le parisien

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Le militaire était poursuivi aprÚs la découverte de prÚs de 6.500 images à caractÚre pédopornographique sur son ordinateur.

Des transactions en cryptomonnaies rĂ©alisĂ©es sur un site diffusant des contenus pĂ©dopornographiques avaient attirĂ© l’attention des enquĂȘteurs.

La compagne du gendarme exerçait en effet comme assistante maternelle et accueillait des enfants au domicile familial, un logement de fonction situĂ© au sein mĂȘme de la brigade de gendarmerie.

condamnĂ© Ă  deux ans de prison avec sursis, assortis d’une obligation de soins psychologiques

Ce pays de merde
 :cleaneyes:

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Source: le parisien

L’humoriste Elena Nagapetyan porte plainte pour viol : « Je peux enfin me libĂ©rer de ce poids »

Le 25 septembre, Julien Mairesse, scĂ©nographe des plus grands concerts de rap français, a Ă©tĂ© mis en examen pour viol. À 45 ans, cette figure majeure de l’industrie musicale a travaillĂ© pour Soprano, PLK, Tayc et Dadju, Diam’s ou Amel Bent et sur « Nouvelle École », le tĂ©lĂ©-crochet de Netflix. La plaignante, qui tenait jusqu’à prĂ©sent Ă  rester anonyme, s’exprime pour la premiĂšre fois publiquement Ă  propos de cette affaire.

Il s’agit de l’humoriste Elena Nagapetyan, 38 ans. RĂ©vĂ©lĂ©e en 2022 avec ses vidĂ©os sur les rĂ©seaux sociaux, l’artiste achĂšve actuellement une tournĂ©e des ZĂ©niths avec son one-woman-show. Elle a aussi fait des chroniques sur France Inter et RTL, participĂ© au jeu « LOL qui rit sort ! » sur Prime Video, publiĂ© un livre sur son parcours atypique entre l’OuzbĂ©kistan, la Russie et la France (« La Bible d’une Milf ») et compte un million d’abonnĂ©s sur Instagram.

D’ordinaire trĂšs cash et pĂ©tillante, Elena Nagapetyan est grave et Ă©mue lorsqu’on la rencontre dans les bureaux de son avocate, Me CĂ©line Bekerman. Elle nous raconte sa version des faits et pourquoi elle a dĂ©cidĂ© de sortir de l’anonymat. Par l’intermĂ©diaire de son avocat, Me Thierry Marembert, Julien Mairesse, lui, « conteste catĂ©goriquement » les faits dont Elena Nagapetyan l’accuse (voir en fin d’interview).

Pourquoi avez-vous dĂ©cidĂ© d’évoquer publiquement votre plainte contre Julien Mairesse ?

Parce qu’aujourd’hui, je me sens prĂȘte. Au moment des faits, j’allais commencer une tournĂ©e des ZĂ©niths et publier un livre. Je ne voulais absolument pas que les gens m’accusent de vouloir remplir mes salles ou vendre mon bouquin. Par ailleurs, je n’étais pas prĂȘte moralement Ă  gĂ©rer une Ă©ventuelle tempĂȘte mĂ©diatique en mĂȘme temps que ma vie de famille et ma vie d’artiste. Il fallait dĂ©jĂ  que j’arrive Ă  monter sur scĂšne pour faire des blagues alors qu’à l’intĂ©rieur de moi, j’étais dĂ©truite et n’avais pas du tout envie de rire. LĂ , je termine ma tournĂ©e, je n’ai rien Ă  vendre et je peux enfin me libĂ©rer de ce poids. Et puis, il y a aussi un contexte qui fait que je ne peux pas me taire.

Vous parlez de l’affaire Patrick Bruel ?

Non, je parle de toutes les violences faites aux femmes et aux enfants. On voit bien que le silence protĂšge les agresseurs et isole les victimes. Je me sens redevable vis-Ă -vis de ceux qui me suivent sur les rĂ©seaux sociaux. En parlant, je dis aux autres victimes qu’elles ne sont pas seules et je leur donnerai peut-ĂȘtre la force de porter plainte. Ce n’est pas normal que les viols restent si souvent impunis alors qu’ils brisent tant de femmes.

Pouvez-vous raconter cette nuit du 13 au 14 juin 2025 ?

J’avais rencontrĂ© Julien Mairesse pour la premiĂšre fois en prĂ©sence de mon coproducteur le 10 mars 2025 afin de discuter d’une Ă©ventuelle collaboration. On cherchait un scĂ©nographe pour ma tournĂ©e des ZĂ©niths qui dĂ©butait en janvier 2026. Ce jour-lĂ , on avait convenu que Julien Mairesse vienne voir mon spectacle. Le 13 juin au soir, donc, il vient Ă  Biarritz pour ma derniĂšre reprĂ©sentation de la saison. AprĂšs le show, on va dĂźner pour fĂȘter la fin de la tournĂ©e. Il y a mon coproducteur, l’humoriste Kallagan qui assure ma premiĂšre partie, le cadreur, le rĂ©gisseur, le responsable de la sĂ©curitĂ©, Julien et moi. AprĂšs, on se rend dans un bar, puis dans une boĂźte de nuit. Plusieurs membres de l’équipe partent au fil de la soirĂ©e et je me retrouve dans la boĂźte avec Kallagan et Julien Mairesse. C’est lĂ  que ce dernier fait de premiers gestes dĂ©placĂ©s.

Lesquels ?

Il m’attire vers lui en s’agrippant Ă  ma ceinture. Je m’éloigne pour aller vers la piste de danse. Je ne comprends pas ce qui se passe. À un moment, on se retrouve tous les deux car le reste de l’équipe est parti. LĂ , il se colle contre moi et je m’aperçois qu’il est en Ă©rection. Je lui dis que ce n’est pas normal et il rigole. J’envoie alors un texto Ă  Kallagan, qui est reparti Ă  l’hĂŽtel, pour lui demander de revenir parce que je ne me sens pas Ă  l’aise Ă  l’idĂ©e de rester ni de rentrer seule avec Julien vers l’hĂŽtel. Kallagan arrive, on prend un dernier verre tous les trois et on rentre Ă  l’hĂŽtel. On avait bu, mais on ne titubait pas. Il est plus de 4 heures et, comme j’ai peur de rater l’avion, je demande Ă  la rĂ©ception de faire une carte de ma chambre pour Kallagan afin qu’il puisse venir me rĂ©veiller. On prend l’ascenseur, Kallagan descend au quatriĂšme Ă©tage et Julien et moi, on monte au cinquiĂšme vers nos chambres.

Que se passe-t-il ensuite ?

On marche vers nos chambres et je me souviens qu’au moment oĂč j’entre dans la mienne, je me retourne et je vois qu’il est rentrĂ© avec moi. Il essaie de m’embrasser et met sa langue dans ma bouche, je recule et je dis non. Il ne rĂ©agit pas, me prend par la gorge et me jette sur le lit, m’enlĂšve mon jean. J’essaie de l’en empĂȘcher, de me relever, mais il est beaucoup plus fort que moi. J’essaie de couvrir mes parties intimes avec mes mains, il arrive Ă  retirer ma culotte et me fait un cunnilingus. Je continue Ă  rĂ©pĂ©ter non, mais j’ai l’impression que mon Ăąme a quittĂ© mon corps. C’est comme dans un cauchemar oĂč on a trĂšs envie de crier et de s’échapper, mais oĂč on ne peut rien faire. Je me suis dĂ©battue pendant plusieurs minutes jusqu’à ce que je n’aie plus de forces. Julien Mairesse me pĂ©nĂštre avec les doigts, puis essaie de me pĂ©nĂ©trer avec son sexe. Je redis non et j’arrive Ă  remonter sur le lit en glissant sur le dos. Il se lĂšve et met son sexe en face de mon visage, je le repousse et prends mon portable pour appeler mon fiancĂ©. Julien se lĂšve sans dire un mot. Quand je raccroche, il a quittĂ© la chambre. ÉpuisĂ©e, je m’endors.

C’est Kallagan qui vient vous rĂ©veiller le lendemain ?

Oui. Quand il arrive dans ma chambre, la premiĂšre phrase que je dis, c’est : Ce fils de pute ne comprend pas le non. Je rĂ©pĂšte ça en boucle. À ce moment-lĂ , on doit retrouver le reste de l’équipe et partir. Ce n’est qu’une fois Ă  Paris que je raconte Ă  Kallagan ce qui s’est passĂ© (Kallagan, que nous avons joint, confirme ces propos. Il assure qu’il a trouvĂ© Elena Nagapetyan « tĂ©tanisĂ©e », « en Ă©tat de sidĂ©ration » et « le corps raidi » lorsqu’il est venu la rĂ©veiller le 14 juin alors qu’il n’avait vu « aucun rapprochement » entre elle et Julien Mairesse au cours de la soirĂ©e. Celui qui a ensuite accompagnĂ© Elena Nagapetyan en tournĂ©e affirme par ailleurs qu’il a constatĂ© « un avant et un aprĂšs » cette nuit-lĂ  : « Depuis, Elena est traumatisĂ©e. Il y a quelque chose qui la maintient au sol »).

Le 15 juin, vous dĂ©cidez d’appeler Julien Mairesse


Oui et Kallagan me conseille d’enregistrer la conversation. Je dis Ă  Julien que je ne me sens pas bien, que je ne voulais pas ce qu’il s’est passĂ©. Il me dit qu’il se sent sale lui aussi, qu’« on » a fait « n’importe quoi ». Il reconnaĂźt qu’il m’a fait un cunnilingus et embrassĂ© les seins. Il ne dĂ©ment pas quand je dis qu’il m’a pĂ©nĂ©trĂ©e avec ses doigts, tout en affirmant qu’il n’y a pas eu de pĂ©nĂ©tration avec son sexe.

À quel moment portez-vous plainte ?

Je contacte mon avocate le 16 juin et je vais au commissariat le 18. Je sais que je m’engage dans une procĂ©dure longue, Ă©prouvante, vraiment dĂ©sagrĂ©able. Mais je me dis que je ne peux pas laisser passer ça et que je dois me protĂ©ger.

Vous avez racontĂ© avoir Ă©tĂ© agressĂ©e par d’autres hommes au cours de votre vie


Quand j’avais entre 8 et 10 ans, le cousin de ma mĂšre nous faisait des cunnilingus Ă  ma sƓur et moi, nous forçait Ă  regarder du porno et se masturbait devant nous. Ensuite, vers 11 ans, j’ai subi des attouchements de la part d’un amant de ma mĂšre. À mes 18 ans, quand je vivais seule en Russie, un homme avec lequel j’avais une relation m’a attachĂ©e Ă  une chaise, empĂȘchĂ©e de sortir et a essayĂ© de m’étouffer avec un oreiller. Ma mĂšre ne m’a pas protĂ©gĂ©e, moi je ne savais mĂȘme pas ce que c’était que de porter plainte. Aujourd’hui, je veux me dĂ©fendre et que la justice m’entende.

Comment allez-vous depuis un an ?

D’abord, j’ai eu beaucoup de mal Ă  accepter ce que j’avais subi alors que je suis une grande fille, libre, forte. L’étĂ© dernier, je me suis concentrĂ©e sur mon spectacle, plongĂ©e dans l’écriture de mon livre. À partir de janvier, j’ai commencĂ© Ă  perdre mes cheveux. Je ne dormais plus, j’ai eu des crises de panique et des crises de nerfs et c’était impossible pour moi de coucher avec mon fiancĂ©. Je restais dans le noir, je pleurais tout le temps, je ne pouvais plus sortir de chez moi. En fĂ©vrier, alors que je jouais mon spectacle Ă  DubaĂŻ, j’ai dĂ» trouver un psychologue en urgence parce que je n’arrivais pas Ă  quitter mon lit ni Ă  manger. Depuis avril, j’ai rencontrĂ© une thĂ©rapeute spĂ©cialisĂ©e dans le stress post-traumatique. Les sĂ©ances me font du bien. Aujourd’hui, j’ai une carriĂšre pour laquelle je continue Ă  me battre, un fils de 8 ans que j’adore, un fiancĂ© avec lequel je suis heureuse. Mais je dois vivre avec ce drame que je n’ai pas voulu. C’est comme une tumeur qui me ronge. J’essaie de l’apaiser, mais elle me ronge de l’intĂ©rieur.

L’avocat de Julien Mairesse, Me Thierry Marembert nous a envoyĂ© cette dĂ©claration : « Monsieur Mairesse conteste catĂ©goriquement les faits dont Madame Nagapetyan l’accuse. Non seulement aucun Ă©lĂ©ment de l’enquĂȘte ne confirme qu’il aurait exercĂ© la moindre contrainte sur elle et encore moins la scĂšne violente qu’elle dĂ©crit. Les tĂ©moignages et les camĂ©ras de vidĂ©osurveillance Ă©tablissent au contraire que Monsieur Mairesse et Madame Nagapetyan sont rentrĂ©s Ă  leur hĂŽtel au vu et au su de tous, de maniĂšre paisible et complice, aprĂšs une soirĂ©e pendant laquelle ils se sont sĂ©duits, avant de passer une heure ensemble dans la chambre de la plaignante (comme l’indique l’analyse des camĂ©ras et du tĂ©lĂ©phone de la plaignante), ce qui ne correspond pas Ă  la description qu’elle en donne. C’est elle qui l’a invitĂ© dans sa chambre d’hĂŽtel oĂč ils se sont livrĂ©s Ă  des prĂ©liminaires sans jamais aller au-delĂ . Monsieur Mairesse est parti de la chambre lorsque Madame Nagapetyan a vu que son petit ami avait laissĂ© de nombreux appels en absence et l’a rappelĂ©, ce qui leur a rappelĂ© l’infidĂ©litĂ© qu’ils Ă©taient en train de commettre. Il ignore comment cette relation consentie a pu se transformer en une accusation de viol que rien ne confirme. Monsieur Mairesse regrette sa faute morale vis-Ă -vis de sa compagne, dont lui et sa famille paient aujourd’hui le prix fort. Dans ce combat pour la vĂ©ritĂ©, il est soutenu par l’ensemble de son entourage personnel et professionnel convaincu de sa totale innocence. »

Source: le parisien

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Un coach de triathlon triplement mis en examen pour violences habituelles sur conjoint, viol et viol avec avec actes de torture et de barbarie

Compagnon pendant douze ans de Manon GenĂȘt, vice-championne du monde 2021 de triathlon longue distance, F. L., accusĂ© par trois femmes de violences sexuelles, a Ă©tĂ© interdit d’exercer sa profession. Il avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© visĂ© par une plainte, classĂ©e sans suite en 2019.

Sur les rĂ©seaux sociaux, il se dĂ©crit comme « papa en combat », victime d’une injustice et bien dĂ©cidĂ©, dit-il, Ă  rĂ©cupĂ©rer la garde de ses filles. F. L. se dĂ©finit aussi comme coach. L’homme de 44 ans n’aurait en rĂ©alitĂ© plus guĂšre le droit d’exercer. Mis en examen Ă  l’étĂ© 2025 pour des faits de viol et violences habituelles sur son ancienne compagne, la vice-championne du monde de triathlon Manon GenĂȘt, pour viol sur une autre des athlĂštes qu’il entraĂźnait, Amandine*, et viol avec actes de torture ou de barbarie sur une troisiĂšme sportive de haut niveau, Emma*, son contrĂŽle judiciaire lui interdit aujourd’hui de coacher des femmes ou des mineurs.

*Les prénoms ont été modifiés.

Manon GenĂȘt et Emma n’ont pas souhaitĂ© s’exprimer, pas davantage que leurs conseils, Mes Jean-François Barre et BĂ©atrice Zavarro. « En matiĂšre de violences sexuelles, il faut toujours plusieurs victimes pour qu’on les croie. On retrouve un schĂ©ma classique dans le milieu sportif et associatif, oĂč ces hommes-lĂ  peuvent sĂ©vir », souligne pour sa part Me Myriam Guedj Benayoun, l’avocate d’Amandine.

Selon la chronologie reconstituĂ©e par L’Équipe, l’affaire dĂ©marre en aoĂ»t 2024. Manon GenĂȘt, qui vient de quitter le domicile familial avec ses jumelles en bas-Ăąge, dĂ©pose plainte, saisit la FĂ©dĂ©ration française de triathlon et le ministĂšre des Sports. La rĂ©action est immĂ©diate : « J’ai engagĂ© des poursuites disciplinaires et le DTN de l’époque, Benjamin Maze (aujourd’hui directeur des contrĂŽles de l’AFLD), a fait un article 40 (du code de procĂ©dure pĂ©nale, autrement dit un signalement) au procureur », relate le prĂ©sident de la FĂ©dĂ© CĂ©dric Gosse.

F. L. officiait au Toulouse Université Club (TUC Triathlon), puis au Splach Triathlon, au Toulouse Olympique Aérospatiale Club (TOAC) et dans sa structure privée.
Un seul blĂąme en guise de sanction en premiĂšre instance

La FĂ©dĂ©ration lui reproche d’avoir eu des relations sexuelles avec certaines de ses athlĂštes, des pratiques de surentraĂźnement et d’épuisement, le placement de ses protĂ©gĂ©es dans une situation d’emprise et de domination et la tenue de propos dĂ©gradants, selon une dĂ©cision disciplinaire de la FFTri. Manon GenĂȘt, Emma et Amandine ont tĂ©moignĂ© auprĂšs de la FĂ©dĂ©ration et Ă©voquĂ© des rapports sexuels non consentis, sadomasochistes et irrespectueux, ce que F. L. a niĂ©. Vraisemblablement de maniĂšre convaincante, puisqu’il n’a Ă©copĂ©, en premiĂšre instance, que d’un seul blĂąme


ConsidĂ©rant cette sanction trĂšs insuffisante, « non proportionnĂ©e » et ne prenant pas en compte les tĂ©moignages, CĂ©dric Gosse a fait un recours contre cette dĂ©cision. Sans vraiment se prononcer sur les violences sexuelles, la commission disciplinaire d’appel a alors considĂ©rĂ© qu’en tant qu’entraĂźneur, F. L. aurait dĂ» « prĂ©server une Ă©thique absolue » et s’abstenir de toute « transgression intolĂ©rable de son devoir d’intĂ©gritĂ© ». « Rien ne lĂ©gitime une communication fondĂ©e sur l’humiliation ou l’atteinte Ă  l’intĂ©gritĂ© », peut-on lire.

Le coach a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  une suspension de cinq mois ferme courant jusqu’au 30 juin 2025. L’État, lui, a confiĂ© son enquĂȘte administrative au SDJES (Service dĂ©partemental Ă  la jeunesse, Ă  l’engagement et aux sports), dĂ©pendant de la prĂ©fecture du Lot-et-Garonne. F. L. aurait Ă©tĂ© interdit d’exercer pendant 12 ans. « Monsieur L. n’exerce pas de fonctions de cadre d’État. À ce jour, il ne dispose pas de carte professionnelle d’éducateur sportif. Il fait l’objet de mesures de police administrative et n’est donc pas autorisĂ© Ă  exercer en qualitĂ© d’éducateur sportif », fait savoir le ministĂšre des Sports.
D’intrigantes requĂȘtes sur les moteurs de recherche

Une enquĂȘte prĂ©liminaire a Ă©tĂ© ouverte par le parquet de Toulouse. Manon GenĂȘt a Ă©tĂ© entendue en dĂ©cembre 2024, comme de nombreux tĂ©moins tout au long de l’annĂ©e 2025. Les enquĂȘteurs se sont vite aperçus que F. L. avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© visĂ© par une plainte pour viol en 2018, dĂ©posĂ©e par Emma, qui fut son Ă©lĂšve. La jeune femme avait alors dĂ©crit des rapports sexuels trĂšs violents, fourni des certificats mĂ©dicaux faisant Ă©tat d’une grande dĂ©tresse psychologique et physique, et livrĂ© aux enquĂȘteurs des photos de plusieurs des sĂ©vices invoquĂ©s ainsi qu’une vidĂ©o Ă  caractĂšre intime dans laquelle elle semblait manifester verbalement son opposition.

Le parquet a cependant estimĂ©, Ă  l’époque, que ces rapports sexuels, quand bien mĂȘme ils seraient violents, Ă©taient consentis. L’affaire a Ă©tĂ© classĂ©e sans suite en 2019 pour « absence d’infraction », le procureur en charge relevant, d’aprĂšs plusieurs sources, le comportement « ambivalent » de la plaignante. Aucune contrainte, violence, menace ou surprise n’avaient pu ĂȘtre caractĂ©risĂ©es, selon ses conclusions. L’enquĂȘte semble toutefois avoir Ă©tĂ© menĂ©e avec une inhabituelle clĂ©mence : F. L. n’avait pas Ă©tĂ© placĂ© en garde Ă  vue, mais convoquĂ© pour une audition ultĂ©rieure. Il avait donc eu tout le temps de prĂ©parer sa dĂ©fense et de supprimer ses donnĂ©es personnelles.

Lorsqu’ils perquisitionneront son domicile, en avril 2019, les gendarmes feront ainsi chou blanc mais dĂ©couvriront, dans son historique de navigation, d’intrigantes requĂȘtes sur les moteurs de recherche : « Comment nos mails sont espionnĂ©s », « Mis sur Ă©coute », « Ordinateur gendarmes », d’aprĂšs plusieurs sources concordantes. « À la relecture (du dossier), au visionnage d’une vidĂ©o (celle mettant en scĂšne Emma et F. L.) et couplĂ©e aux dĂ©clarations des deux autres plaignantes, il a paru Ă©vident de rouvrir cette procĂ©dure et de la joindre au dossier », nous rĂ©pond David Charmatz, procureur de la RĂ©publique de Toulouse depuis un an.

« Il s’est rendu totalement indispensable, il savait que j’étais seule »

InterrogĂ© une nouvelle fois sur cette vidĂ©o oĂč l’on entendrait des cris de souffrance de la jeune femme et des manifestations de son opposition - « lĂąche-moi » -, F. L. y a vu une relation consentie : elle semble avoir pris « beaucoup de plaisir », aurait-il rĂ©pondu aux enquĂȘteurs. Amandine, la petite quarantaine au moment des faits, a elle aussi dĂ©crit aux gendarmes comment elle s’était inscrite en 2017 au TUC Triathlon et comment, sous l’entraĂźnement de F. L., auquel elle vouait une grande admiration, elle avait fait des progrĂšs trĂšs rapides, au point de tomber sous son emprise.

« Cela a Ă©tĂ© progressif, confie-t-elle Ă  L’Équipe. Ses remarques positives Ă©taient devenues quelque chose que je recherchais. Je m’étais coupĂ© du monde extĂ©rieur. J’étais tellement fatiguĂ©e par mes entraĂźnements, que je ne voyais plus mes amis. Je ne dormais, mangeais et pensais plus que triathlon. Il Ă©tait devenu la personne la plus importante dans ma vie (
) Il s’est rendu totalement indispensable, il savait que j’étais seule. » Elle dĂ©nonce trois rapports sexuels non dĂ©sirĂ©s. « Je n’avais pas envie, mais je le faisais pour lui. » Amandine explique avoir rĂ©alisĂ© trĂšs tardivement ce qu’elle avait vĂ©cu, au moment de dĂ©poser plainte, en 2024. « Je suis nĂ©e en 1978, pour moi, un viol, c’était un acte sexuel imposĂ© physiquement (
) Cela a beaucoup Ă©voluĂ© aujourd’hui. »

Sur la base des rĂ©cits des trois plaignantes, les gendarmes ont semble-t-il eu le sentiment d’ĂȘtre face Ă  un mĂȘme mode opĂ©ratoire : ainsi F. L. est-il soupçonnĂ© d’avoir dĂ©veloppĂ© des relations privilĂ©giĂ©es avec des athlĂštes sur lesquels il aurait jetĂ© son dĂ©volu, ne cessant de les mettre en valeur et de leur manifester un intĂ©rĂȘt appuyĂ© par rapport Ă  des sportives du mĂȘme groupe. Il les aurait ensuite soumises Ă  un entraĂźnement intensif, extĂ©nuant mais produisant des rĂ©sultats fulgurants. Ce n’est alors qu’il aurait rĂ©clamĂ© plus d’intimitĂ© et des relations sexuelles avec asservissement, rendues possibles par son statut et sa posture d’autoritĂ© de maĂźtre Ă  Ă©lĂšve.
L’avocat de la dĂ©fense « questionne la procĂ©dure » et interroge le timing des plaintes

Un an aprĂšs la plainte de Manon GenĂȘt et d’Amandine, et huit ans aprĂšs celle d’Emma, F. L. a Ă©tĂ© placĂ© en garde Ă  vue en juillet 2025. Il dĂ©ment toute emprise sur ses athlĂštes, parle de relations consenties, souvent Ă  la demande des jeunes femmes, et n’hĂ©site pas Ă  inverser les responsabilitĂ©s, affirmant que c’est Manon GenĂȘt qui se serait montrĂ©e violente envers lui. Il Ă©voque une vengeance de cette derniĂšre pour l’empĂȘcher de voir ses enfants et d’exercer son droit de garde. Sa version n’a pas convaincu le juge aux affaires familiales (JAF) : Manon GenĂȘt a obtenu, en mars 2026, l’exercice exclusif de l’autoritĂ© parentale sur ses enfants.

F. L. a dĂ©posĂ© plusieurs plaintes Ă  l’encontre de son ex-compagne. Il a aussi dĂ©signĂ© Me Isabelle Steyer, spĂ©cialiste du droit des femmes et des enfants victimes de violences physiques, psychologiques ou sexuelles, pour contester la teneur d’un rapport trĂšs Ă  charge d’un expert psychiatre, sur lequel s’est appuyĂ© le JAF pour rendre sa dĂ©cision. L’expert y relevait notamment le trouble de stress post-traumatique de Manon GenĂȘt Ă  la suite d’une dĂ©cennie de relations conjugales avec F. L. et estime qu’elle a Ă©tĂ© victime de gaslighting (technique de manipulation mentale) par son conjoint. ContactĂ©e, Me Steyer nous prĂ©cise ĂȘtre intervenue Ă  titre trĂšs ponctuel, ne plus le reprĂ©senter aujourd’hui et ne jamais avoir assurĂ© sa dĂ©fense au pĂ©nal.

« Je questionne la procĂ©dure, rĂ©pond quant Ă  lui Me Pierre Dunac, l’avocat pĂ©naliste de F. L. On a des dossiers dans lesquels la multiplicitĂ© de victimes, lorsqu’on met leur rĂ©cit en perspective, dĂ©crit une mĂ©thode et des comportements habituels du mis en cause. Cela permet de dĂ©gager un faisceau d’indices qui peut suffire Ă  se forger une conviction. Ce n’est pas le cas ici », veut-il croire. L’avocat prĂ©cise que Manon GenĂȘt fait partie du conseil d’administration de la FĂ©dĂ©ration de triathlon et interroge le timing des plaintes, Ă  un moment oĂč elle sollicitait la garde des enfants.
Une expertise psychiatrique trÚs contestée

« C’est un dossier qui n’est pas aussi clair que ça », insiste-t-il. Il prĂ©cise avoir « demandĂ© le dessaisissement du service d’enquĂȘte » pour dĂ©faut d’impartialitĂ© et a dĂ©posĂ© un recours en annulation devant le tribunal administratif contre la sanction administrative d’interdiction d’exercer, prise par le MinistĂšre. Au civil, les Ă©crits du psychiatre, qui ont fait l’objet d’un signalement judiciaire, ont interpellĂ© plusieurs sources qui ont eu Ă  en connaĂźtre. L’expert y relĂšve notamment qu’une femme aurait appelĂ© son secrĂ©tariat, se prĂ©sentant comme le mĂ©decin traitant de F. L., pour le prĂ©venir que ce dernier craignait de croiser Manon GenĂȘt dans son cabinet.

La mĂ©decin n’aurait alors pas prĂ©cisĂ© qu’elle Ă©tait par ailleurs la nouvelle compagne de F. L., et qu’il vivait aujourd’hui chez elle, dans une maison qu’elle occupe avec ses deux filles. Elle se montre active sur Facebook dans des messages de soutien Ă  F. L. : « Pour notre combat pour nos enfants, pour la vĂ©ritĂ©, l’amour, la vraie justice, et contre la haine et la jalousie si destructrices », Ă©crit-elle. L’expert, trĂšs contestĂ© par F.L., a cru dĂ©celer chez lui une personnalitĂ© narcissique, manipulatrice et psychopathique.

Selon le parquet de Toulouse, il a Ă©tĂ© mis en examen, au pĂ©nal, pour viols sur conjoint et violences habituelles dans le cas de Manon GenĂȘt, viol commis par une personne abusant de l’autoritĂ© que lui confĂšre sa fonction, dans le cas d’Amandine, et enfin viol avec torture ou acte de barbarie pour ce qui concerne Emma. Le parquet prĂ©cise aussi avoir requis, Ă  l’étĂ© 2025, la dĂ©tention provisoire, laquelle n’a pas Ă©tĂ© ordonnĂ©e par le juge de la libertĂ© et de la dĂ©tention, ce dernier privilĂ©giant un contrĂŽle judiciaire strict. F. L. bĂ©nĂ©ficie cependant de dĂ©rogations, lui permettant de se rendre Ă  l’étranger, notamment pour participer Ă  un Iron Man.

Source: l’Equipe

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Source: la tribune dimanche