George aurait recommencé une relation de travail avec Daniel Abraham et Ty Franck (aka James S. A. Corey, les auteurs de The Expanse et ses anciens assistants) pour une adaptation comic de la série. Il aurait expliqué totalement la fin, d’importants points intouchables de l’histoire (une phrase déjà mentionnée qui serait également la derniere phrase de l’histoire, etc).
Depuis, ça suppute que ça aurait aussi pour l’aider à terminer TWOW et, potentiellement, la fin de la série.
Au mois d’octobre, il avait aussi confirmé que ça n’avançait quasiment pas, puisqu’il a dit avoir écrit ~1200 pages de TWOW, quasiment le même chifrre qu’en 2022.
WAOW, il ne mâche pas ses mots et parle de tout (ou presque), HBO, la relation compliquée avec certains à HBO, les bouquins, sa vie etc…
Martin a récemment perdu plusieurs de ses amis romanciers, qu’il considérait comme des amis proches. « Howard Waldrop, Gardner Dozois, Victor Milán, John J. Miller, Edward Bryant… », énumère Martin. « Ils sont tous partis, l’un après l’autre. »
L’année dernière, Martin s’est entretenu avec l’une de ses idoles, Robert Redford, qui était coproducteur exécutif de Dark Winds. Redford est sorti de sa retraite d’acteur pour tourner un bref caméo dans la série avec Martin. Dans la scène, les deux hommes sont assis devant un échiquier, et Redford a improvisé une réplique : « George, le monde entier attend, fais ton coup. » C’était une blague méta sur le temps qu’il a fallu à Martin pour terminer Winter. Puis Redford est mort lui aussi. Sa scène d’échecs avec Martin, qui ressemble à une scène tirée du Septième Sceau, a été sa dernière performance. « Ce qui est vraiment bizarre », dit Martin.
Le chef-d’œuvre de Martin est sans doute A Storm of Swords. Publié en 2000, ce livre a été adapté dans les saisons trois et quatre de Thrones. C’est un roman brillant et plein de rebondissements, qui compte plus de 1 000 pages et se lit comme si Martin avait laissé libre cours à son imagination. Martin a écrit Swords en une seule année. Winter lui a pris 14 ans, et ce n’est pas fini. « Je repense aussi à ce livre », admet Martin. « Et je ne sais pas comment j’ai fait. »
Martin affirme avoir terminé environ 1 100 pages de manuscrit. Il répète ce chiffre depuis un certain temps déjà. Il a longtemps reproché aux distractions incessantes liées à son passage du statut d’auteur à plein temps à celui de producteur et de célébrité. Le succès de Thrones a été à la fois la meilleure chose qui pouvait arriver à Martin et la pire chose qui pouvait arriver à la plus grande histoire qu’il ait jamais écrite.
Aujourd’hui, Martin travaille sur WOW dans son ancienne maison, qui lui sert de bureau (il a récemment déménagé sa résidence principale dans une autre propriété à Santa Fe), tapant sur un ordinateur DOS qui n’est pas connecté à Internet.
Voici ce qui se passe lorsqu’il s’assoit pour écrire : « J’ouvre le dernier chapitre sur lequel je travaillais et je me dis : « Oh merde, ce n’est pas terrible. » Et je me mets à le réécrire. Ou je décide : « Ce chapitre sur Tyrion n’avance pas, je vais plutôt écrire un chapitre sur Jon Snow. » Mais si je ne suis pas interrompu, ce qui se passe, du moins dans le passé, c’est que tôt ou tard, je finis par m’y mettre. »
je vais plutôt écrire un chapitre sur Jon Snow.
Jon vivant confirmé, merci George.
Lorsque la pandémie a frappé, Martin a essayé de s’isoler dans une cabane dans les bois pour terminer Winter. Ce fut une période prolifique, dit-il, qui a donné lieu à de nombreux nouveaux chapitres. Mais cela l’a éloigné de sa compagne de longue date, Parris McBride (ils se sont rencontrés dans les années 1970 et se sont mariés en 2011), et même l’isolement forcé de Martin a entraîné des difficultés créatives. « J’ai écrit un chapitre sur Tyrion que j’adorais », se souvient-il. « Puis je l’ai relu et je me suis dit : « Je ne peux pas faire ça, ça va changer tout le livre. Je vais en faire une série de rêves. Non ! Ça ne marche pas non plus… » »
Confier le projet à un autre écrivain — ce que certains fans lui ont demandé de faire — n’est pas envisageable, affirme Martin. Il n’existe pas non plus de plan d’urgence secret prévoyant que quelqu’un d’autre prenne le relais si Martin venait à être frappé par la foudre. « Si cela arrivait, mon œuvre ne serait pas terminée », dit-il. « Ce serait comme Le Mystère d’Edwin Drood », en référence au dernier roman inachevé de Charles Dickens.
Combien de chemin lui reste-t-il à parcourir ? Martin reste vague. « Si je finissais par mettre tout ce que j’ai en tête, ce serait le plus long livre de la série. »
Après avoir interrogé Martin à plusieurs reprises sur Winds — apparemment plus qu’il ne l’aurait souhaité —, l’auteur a fait ce qu’il fait le mieux. Il a raconté une histoire.
En 1975, Martin a rencontré Frank Herbert, l’auteur de Dune, lors d’un salon du livre, et ils ont pris un verre ensemble. Cette rencontre a eu lieu « vers la fin de la vie d’Herbert », explique Martin. Herbert avait écrit de nombreux romans acclamés, mais tout ce que les fans semblaient vouloir, c’était davantage de Dune. L’éditeur d’Herbert venait de lui proposer une modeste avance pour une histoire qu’il souhaitait écrire, ou six fois ce montant pour un autre roman Dune.
« Il n’aimait plus Dune et ne voulait plus écrire d’autres livres sur Dune », explique Martin. « Mais il se sentait prisonnier du succès de Dune, alors il a continué à écrire. »
Martin termine… et attend.
Je lui demande : vous comprenez ce que ressentait Herbert ?
« Je ne suis pas nécessairement lassé de l’univers [de Glace et de Feu] », répond-il. « J’adore cet univers et sa construction. Mais oui, je comprends ce qu’il ressentait. »
« J’allais tuer plus de personnages », réfléchit-il. « Pas ceux qu’ils ont tués [dans la série]. Ils ont opté pour une fin plus heureuse. Je ne vois pas de fin heureuse pour Tyrion. Son parcours a été tragique depuis le début. J’allais faire mourir Sansa, mais elle est tellement attachante dans la série que je vais peut-être la laisser vivre… »
Le problème n’est pas le succès, mais ce qu’il en fait. Comme beaucoup, j’adore ce qu’il a écrit, mais le type est imbuvable et se laisse trop déconcentré, beaucoup trop facilement. Stephen King aussi connaît le succès, et ça ne l’empêche pas d’écrire (et de rater ses fins ceci dit également )
Au lieu de tout le temps chercher à se comparer à Tolkien ou à Herbert, alors qu’il a créé un univers à part et qui a réussi à ne pas (trop) s’inspirer du premier, il devrait faire comme son idole Maurice Druon : ne plus penser qu’à son livre comme ce dernier n’avait pensé qu’à terminer les Rois Maudits.
Le souci de GRRM c’est pas de ne pas écrire, il a sorti une dizaine de bouquins depuis ADWD. Sans parler des contributions sur WildCards, les adaptations TV etc. Il annonce dans l’ITW qu’il bosse sur deux bouquins D&E depuis un an parce qu’l a peur que la série aille trop vite (le culot).
Il s’est mis dans la sauce tout seul sans s’en rendre compte, et le succès de sa série et les dérivés a ajouté aux problèmes. Il a ajouté BEAUCOUP (trop) de POV dans A Feast for Crows, ça a alourdi totalement l’histoire principale de points de vue qu’il doit maintenant résoudre d’une façon ou d’une autre. Il a pris un bouquin qu’il a tourné en deux bouquins pour rajouter des choses qu’il n’a pas su enlever. Surtout qu’il y est clairement allé en plein brouillard sans savoir où son bateau navigue, comme il semble l’indiquer dans cette ITW.
Pour faire une parenthèse/comparaison, c’est là où je suis heureux de repenser à mon gars sûr Joe Abercrombie, qui lui a décidé de torcher relativement « rapidement » The First Law pour ensuite faire des spin-offs etc, ça lui permet de continuer dans ce monde sans prendre la tronche de tout le monde, au lieu de faire ce que Martin à fait. Abercrombie a sorti 8 bouquins dans cet univers après avoir terminé la trilogie.
Alors je ne dis pas que La Premiere Loi est au niveau d’Une Chanson de Glace et de Feu hein… mais il y a des chapitres parfaitement inutiles et oubliables chez GRRM qui ne fond qu’alourdir sa trame. Bien l’impression que le gars met aussi « sa barre » beaucoup trop haute pour WOW (sans parler des deux autres bouquins ensuite, voir trois autres comme il a pu le supputer dans le passé). Maintenant il est dans une spirale infernale, il ne peut pas terminer ET satisfaire son audience ou son égo. Le gars a 1100 pages d’un bouquin de ~1300 pages depuis plus de 5 ans. TERMINE LE TRUC et continue d’écrire, ça devient une obsession pour lui de ne pas finir ce volume particulier, alors qu’on sait tous que ce n’est pas la fin de l’histoire, c’est ouf…
On sait aussi qu’il a souvent écrit « à vue », qu’il n’avait pas de trame bien précise en tête pendant longtemps et qu’il a probablement butté un personnage trop important dans le passé et qu’il cherche à le faire revenir (ou à faire revenir son POV, à la Bran qui « voyage » dans le passé). Le gars pourrait appeler N’IMPORTE QUEL MONSTRE de la littérature pour l’aider à démêler ses conneries (comme BEAUCOUP d’auteurs font), mais son égo l’en empêche… c’est d’une tristesse.
C’est le problème d’une histoire aussi LONGUE aussi. Au bout d’un moment quand tu multiplies les POV et les histoires, bonne chance pour relier tout ça sans que ça nécessite des Deus ex machina (ce qu’il se refuse CLAIREMENT à faire)
D’ailleurs ça aussi, ça m’agace sa position sur le sujet. Bien sûr qu’il ne faut pas en abuser, mais ce que Tolkien appelait « l’eucatastrophe » c’est parfois intéressant, sinon indispensable.
Surtout si ça arrive dans un moment de désespoir total, et avec le talent dont dispose Martin il réussirait à en faire un truc avec du sens, et pas juste une résolution bâclée.
TOTALEMENT ! Il accumule deux difficultés énormes : avoir commencé sans connaitre sa fin et faire un truc à rallonge bourré d’histoires entremêlées. C’est tellement compliqué quand tu es seul et que tu refuses de mettre ton égo de côté pour te faire aider un peu quand tu es dans le dur.
Il a parlé de faire des sauts dans le temps, mais a abandonné. Oui OK, ça me ferait un peu chier d’avoir des infos venant d’un mestre qui me raconte ce qu’il s’est passé pendant un an entre les deux bouquins par exemple, mais tu sais ce qui casse encore plus les couilles George ? Ne pas avoir la fin de l’histoire. XD
Il a parlé aussi dans le passé du biais des POV, qu’il aime l’idée que certains personnages ne sont pas dans le vrai etc, mais il n’a pas l’air de vouloir l’utiliser pour se sortir de sa situation non plus. Il peut les utiliser pour « supprimer » certains pans de l’histoire, mais non, il vire des chapitres entiers parce que ne colle pas à une phrase qu’il a écrit il y a 22 ans. OKOK, je pense qu’on accepterait tous d’apprendre qu’un personnage a eu de mauvaises infos ou a mal senti une situation importante si ça peut faire avancer la trame…
Le gars te sort ça en ITW : « Je dois écrire davantage sur Dunk et Egg. Il devrait y avoir un autre livre Fire and Blood également. Je pense que si je pouvais juste me débarrasser de certaines de ces autres choses, je pourrais terminer The Winds of Winter assez rapidement. On m’a clairement fait comprendre que Winds était la priorité, mais… je ne sais pas. Parfois, je ne suis pas d’humeur pour ça » et après va se plaindre qu’il a des questions un peu épicées dans les Q&A de ses conventions.
Je pense depuis longtemps qu’on ne verra jamais ce livre.
Il n’a quasiment rien à gagner à le sortir, sinon recevoir des critiques et décevoir certaines personnes. Alors que s’il ne le sort jamais, ce sera un peu une « légende » et perçu comme un truc fantastique dont on sera passé à côté…
Est-ce que c’est vraiment le cas ? Est-ce que son égo n’a pas morflé de la fin de la série qui était peut-être en partie ce qu’il avait imaginé ? Et est-ce qu’il ne cherche pas à en sortir pour donner satisfaction aux fans qui ont vraiment vu ça comme une bouse infâme mais qu’il est déjà trop parti dans la direction des livres pour s’en sortir avec un minimum de logique ?