Hunters, la chasse aux nazis est ouverte !

Après The Man in the High Castle, Amazon continue d’explorer la présence des nazis aux États-Unis avec sa nouvelle série Hunters. Hunters met en scène un groupe de chasseurs de nazis mené par Al Pacino à New York dans les années 70. Si vous avez vu le trailer, le potentiel de la série vous semblera dingue. Et Hunters l’atteint haut la main. Voici une petite présentation de la série limitée en spoilers

Qui sont les Hunters ?


Jonah Heidelbaum (joué par Logan Lerman) est un jeune homme juif qui va se retrouver mêlé malgré lui à cette guerre entre Hunters et nazis lorsqu’il assiste au meurtre de sa grand-mère. Elle était la seule famille qui lui restait.
Il va alors rencontrer Meyer Offerman (Al Pacino), qui dirige une organisation secrète. Ce groupe chasse des nazis qui se sont exilés aux États-Unis et pour cela Meyer s’est entouré d’une équipe compétente et déterminée. À ses côtés, nous retrouvons Murray et Mindy Markowitz (Saul Rubinek et Carol Kane), deux survivants des camps de concentration, la Soeur Harriet (Kate Mulvany), Roxy Jones (Tiffany Boone), l’acteur Lonny Flash (Josh Radnor) et le vétéran du vietnam Joe Mizushima (Louis Ozawa). Comme cet article est sans spoiler, je ne vais pas m’étendre sur le rôle de chacun dans l’équipe et leur évolution. Si on ne s’attache pas à tous de la même façon et avec la même intensité, il faut souligner qu’ils ne sont pas unidimensionnels, chacun apporte quelque chose à la série et ils auront tous droit à un développement constant et travaillé.
Pour les créateurs de la série, il aurait facile de donner les clés à Al Pacino et le laisser porter le show, mais il n’a qu’un second rôle et il accepte volontiers cette situation. Il ne vole la vedette à personne, il joue tout en retenue et met parfaitement en valeur les autres acteurs et personnages. À l’image de Meyer, Al Pacino s’appuie sur ceux qui l’entourent pour les laisser s’exprimer.

Trois points de vue, pour un rythme maîtrisé


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En plus des Hunters, nous suivons bien évidemment les nazis avec qui on fait connaissance dès l’excellente scène d’intro. On y retrouve principalement Le Colonel (Lena Olin) qui dirige les opérations aux États-Unis, Travis Leich (Greg Austin) un américain qui travaille avec les nazis, en bas de l’échelle hiérarchique et Biff Simpson (Dylan Baker) qui est un homme politique influent. La série profite d’une réalité d’après-Guerre (des nazis ont bien trouvé refuge aux US, mais je n’en dis pas plus, et ne vous renseignez pas avant de voir la série pour plus de surprises) pour en accentuer l’importance. Cela donne du poids à tout ce pan de la série. Bien que la série se déroule dans les années 70, les parallèles avec les États-Unis d’aujourd’hui sont affichés clairement et ceci ajoute à la force de cette partie de la série.
Sans parler d’une analyse politique et sociale, si Le Colonel reste en retrait la plupart du temps, les scènes montrant Travis ou Biff sont toutes très réussies. La politique incarnée par Biff, ou le côté glaçant de l’exécutant Travis donnent des frissons.
Enfin, nous avons aussi une enquête policière menée par Millie Morris (Jerrika Hinton). Une enquêtrice noire dans les années 70, on aurait pu deviner la plupart des messages que la série allait délivrer. Et bien que la série les délivre en partie, c’est toujours secondaire. La série ne se disperse jamais et se concentre dans un premier temps sur l’évolution de son enquête, avant des intrigues plus personnelles (mais moins passionnantes).
Si les Hunters sont le coeur de l’intrigue, les deux autres points de vue sont aussi soignés et ajoutent une variété de ton bienvenue. Et ils permettent aussi de garantir une évolution constante de l’intrigue. Aucun épisode ne permet de faire du surplace, et on est même souvent surpris de la rapidité de progression de certaines intrigues.

Une émotion intense, et de l’absurde


Impossible de parler de Hunters sans parler de deux éléments essentiels. Dans la plupart des épisodes nous avons des flashbacks dans les camps de concentration. En se concentrant sur les rescapés qui font partie de l’équipe des Hunters, ou leur cible, les infâmes nazis. Les flashbacks ont beaucoup fait parler car ils n’hésitent pas à pousser le curseur de l’horreur au plus haut. Au-delà des scènes choc assumées, elles permettent aussi de décupler l’émotion. Certaines scènes sont déchirantes.
L’émotion ne se joue toutefois pas seulement dans le passé et dans les camps. Le couple Murray/Mindy qui pourrait prêter à sourire au début se montre incroyablement touchant au fil des épisode. Je pourrais aussi citer la scène dans la banque qui m’a assommé sur place.
Enfin, et c’est peut-être le plus déroutant, Hunters nous offre des séquences absurdes. Elles sont toujours liée à l’épisode, appuient le propos mais le ton cynique et humoristique pourrait dénoter avec le sérieux de la série. Pourtant, ça fonctionne étrangement bien. Ces scènes sont bien écrites, et l’humour noir nous offrent une respiration.
Hunters est une réussite, il est très facile d’enchaîner les dix épisodes d’une heure car la série a un développement constant, aucun épisode ne fait du remplissage et hormis quelques scènes moins inspirées, tout est utile à l’intrigue ou aux personnages. La chasse aux nazis est ouverte, et on compte sur vous !


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3 J'aimes

Du coup, pas déçu @Steven?

Meilleure intro ever. On est dans le bain en moins de 2 minutes, elle est d’une efficacité redoutable.

J’ai maté la série la semaine dernière, une grande réussite, et une grosse surprise. Je m’attendais pas à tant de liberté dans le ton (Jordan Peele est peut-être pas pour rien d’ailleurs) et à autant d’émotion (les flashbacks dans les camps, par moment, faut s’accrocher tant c’est loin dans l’horreur).

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Spoiler majeur S1

Al Pacino en nazi plus que bof et je trouve que c’est le moins bon du cast

J’ai trouvé la deuxième partie de saison un peu moins bonne. Les flashbacks moins nombreux, l’intrigue de Millie qui devient plus personnelle notamment, ça m’a moins plu. Mais ça reste excellent. Avec The Boys (et The Expanse), Amazon monte vraiment en gamme.

Je la rapprocherai pas mal de The Boys dans le côté absolument sans limite de la série, c’est assez fou ce qu’ils ont pu se permettre. Se placer dans ce créneau me semble être une excellente idée.

Fin de saison 1

Bien que l’idée des Hunters en tournée mondiale n’est pas ma favorite, le dernier plan sur Hitler est complètement dingue. Ça plaira peut-être pas à tous, mais ce côté jusqu’au boutiste dans cette histoire des nazis convoités me donne des frissons. Par contre faudra assurer derrière car avec cette première grosse saison sans vrai temps mort, faut pas nous sortir une saison de transition foireuse.

Et concernant la révélation sur Meyer, on sentait qu’il y avait des secrets, j’ai pensé au fait qu’il inventait son passé et qu’il était en fait un nazi, mais je n’avais pas imaginé qu’il était the Wolf. La révélation est bien amenée pour ma part :calm:


Il a vite gravité dans le projet, cet humour noir et la façon de regarder les US droit dans les yeux avec son passé me fait penser qu’il est bien impliqué. Le créateur avait une grosse bible avant de présenter le show, et j’imagine bien Peele y poser sa patte pour amener plus de variété dans le ton comme tu dis.

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Bordel, les épisodes 7 et 8 sont tellement durs.

Spoil

La mort de Murray bordel

, entre ma nana et moi on a chialé de quoi remplir une piscine municipale :no:

Je sais pas pourquoi, mais la scène dans le sous-sol de la banque est celle qui m’a le plus déprimé mais c’est clair que la mort de Murray fait mal, la scène en elle-même est très réussie, mais l’après est aussi parfaitement géré. Le couple qu’on pouvait facilement être des « boutets » dans une série comme sont les plus touchants en fait

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J’ai tout bingewatché avant le confinement et j’ai beaucoup aimé.
Par contre un peu deçu de la fin dans le sens où l’ouverture laisse penser que la saison suivante ne risque pas de faire avancer l’histoire…

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