Les séries nulles... mais sympas de Netflix

Avec sa production de contenu en masse, il peut être difficile de distinguer une véritable ligne éditoriale sur Netflix. Mais entre ses séries prestigieuses (rares), les productions étrangères intrigantes, il y a une poignée de productions qu’on pourrait qualifier de guilty pleasure assumés. Ce sont des séries très imparfaites ou médiocres mais qui se regardent avec un certain plaisir, parce que le thème vous parle, ou parce que ses défauts sont secondaires sur le moment. Je vous présente quatre séries qui pourraient faire partie de cette liste.

:notebook: Temps de lecture estimé : 5 à 10 minutes


The Order, un bordel monstre (2019)


Souhaitant en savoir plus sur la disparition de sa mère, Jack Morton veut intégrer la société secrète de magiciens appelée l’Ordre. Mais pour cela, il faut passer différentes épreuves pouvant conduire à la mort des candidats. De plus, l’apparition de loups garous sur le campus pourrait contrarier ses plans.
Ce qui résumerait le mieux la série, c’est le récap de la saison 1 faite par un youtuber anglophone qui semble dépassé par la masse d’informations à faire passer à la minute. The Order, ce n’est pas la série du siècle, c’est parfois ridicule, le cast n’est pas brillant une seconde, on peine à croire à l’alchimie des personnages impliqués dans les romances. Mais c’est un tel bordel assumé qu’on y prend du plaisir au final.
D’une part, la construction de la série est intelligente, les saisons sont divisées en cinq blocs de deux épisodes. Il y a donc une intrigue (l’apparition d’un ennemi, une mission donnée par l’ordre, etc) à court terme qui s’étale sur deux épisodes, avec généralement un cliffangher à la fin de la première partie. Ces blocs ont toujours une conclusion immédiate s’inscrivent dans un fil rouge global qui se développe plus tranquillement. On évite ainsi les épisodes de milieu de saisons creux le temps que les nouvelles révélations arrivent et si une intrigue ne nous plaît pas, on sait qu’elle sera bouclée rapidement.
La force de la série c’est d’enchaîner les surprises, les twists improbables. L’aventure de Jack prend un tournant majeur à chaque fois. Il y a une trahison qu’on ne voit pas venir, un secret qu’on n’imaginait même pas possible quelques minutes plus tôt. Il y a des développements prévisibles, des choses qu’on voit venir, mais à force d’enchaîner les twists, l’un d’entre eux finira par vous faire marrer. C’est un tel bordel qu’on oublie le moment précis qui nous a saoûlé à en lever les yeux au ciel.
Enfin, et ce n’est pas rien pour moi, c’est la première fois que les loups garous sont le point fort d’une série fantastique. Ce groupe de loups garous composés d’alcooliques invétérés, grands amateurs de fêtes et surtout totalement soudés face à l’Ordre offre bien souvent les meilleures scènes des épisodes.
The Order est une série difficile à recommander, car ça passe ou ça casse, certains bloqueront dès l’apparition du personnage principal (qui est très difficile à apprécier au début), mais le bordel incroyable et permanent de la série, ainsi que son incapacité à se prendre trop au sérieux en font une série fun qui se regarde très bien en binge watching. Pensez à prendre des notes par contre.

Daybreak, l’apocalypse cool (2019)


Après l’explosion d’une bombe nucléaire et biologique tous les adultes sont transformés en goules. Les jeunes se sont vite divisés en plusieurs gangs et font régner la terreur dans la ville. Josh est un héros solitaire à la recherche de sa petite-amie. Il doit s’unir avec une fille pyromane et un samouraï pacifiste pour survivre.
On est dans une période où il faut se méfier des productions Netflix car ils privilégient bien souvent la quantité à la qualité, c’est pourquoi malgré un trailer assez amusant, je n’avais de grandes attentes de la série. Comme Netflix a réussi à sortir des séries (semi-)parodiques de qualité comme American Vandal (que je ne peux que recommander), on n’est donc pas à l’abri d’une pépite qui passe sous les radars. Je vous préviens tout de suite, Daybreak n’est pas une pépite, mais elle mérite néanmoins une chance grâce à son humour, l’univers qu’elle développe ou ses clans totalement cons (les golfeurs, les fans des Kardashians, les gamers, les cheermazons - mélange de cheerleaders et amazones qui veulent tuer tous les hommes-, etc).
L’humour très bas de plafond pourrait être un frein mais j’ai accroché dès le premier épisode, on enchaîne les vannes dans les premiers épisodes. Et après un creux assez frustrant en milieu de saison, Daybreak est parvenu à créer la surprise avec un huitième épisode très intéressant qui fait un contre-pied incroyable à la part de romance de la série. Ça a été la petite claque la plus surprenante que j’ai pris sur la plate-forme je pense tant je ne m’attendais pas à un tel virage dans cette série. Et cette très bonne surprise a été confirmée dans la fin de saison avec Sam qui prend une toute autre envergure.
Ce huitième épisode, qui est le plus critiqué sur imdb est pour moi ce qui fait passer la série de simple divertissement con-con, à une série un peu plus maline qu’on ne le pensait. Elle est parfois lourde et ses temps faibles sont trop longs pour la rendre vraiment réussie, mais elle méritait mieux qu’une annulation nette de Netflix.

Teenage Bounty Hunters, un duo génial (2020)


Les deux soeurs jumelles Blair et Sterling ont un accident de voiture qui a deux conséquences dans leur vie : elles vont devoir trouver de l’argent pour réparer la voiture de leur père mais dans leur malheur, elles ont aidé involontairement le chasseur de primes Bowser à arrêter un suspect en fuite. Elles se font passer pour des chasseuses de primes et s’unissent à Bowser pour réunir l’argent dont elles ont besoin pour que leur père ne découvre pas les dégâts. Et tout ça en continuant leurs études dans un lycée privé catholique.
Cette nouvelle série Netflix s’inscrit parfaitement dans cette catégorie. C’est objectivement une série moyenne, en raison de nombreux éléments prévisibles, des chasses aux primes assez bancales et des développements personnels convenus.
Mais le visionnage est agréable. Principalement parce que le duo principal a une alchimie indéniable. Les deux sœurs ont une grande complicité et une énergie qui transpire dans chaque scènes où elles apparaissent. Leurs aventures dénotent au milieu d’un lycée catholique très sérieux et leur univers blanc et bourgeois. Et au fil des épisodes, on s’attache à cette équipe et même des parties comme la romance parviennent à intéresser et à nous surprendre parfois, en particulier du côté de Sterling.
Pour une fois, une série surjoue le côté woke de ses personnages de façon pertinente et amusante, sans ridiculiser les pensées progressistes de notre époque ou ses personnages. Elles contrastent parfaitement avec Bowser qui est un type à l’ancienne mais plein de bonne volonté. Elles savent aussi jouer de leurs privilèges pour avoir accès à des bâtiments très selects où un homme noir comme Bowser n’y serait pas le bienvenu.
Enfin, c’est un détail tout con mais voir une série se passer à Atlanta avec des personnages qui ont un accent du sud des US (mon oreille n’est pas assez bonne pour dire si les accents sont réussis cedi dit) est assez rafraîchissant. Malgré une certaine caricature frustrante des ultra-conservateurs américains, on sort des univers éculés de Los Angeles ou New York.
Les défauts de Teenage Bounty Hunters sont impossibles à manquer mais grâce à son duo, ses dialogues et son rythme, la série peut très bien s’intégrer dans une période où on recherche un divertissement simple, sans prise de tête.

Wu Assassins, l’exception (2019)


Dernier d’une lignée de combattants élus, un chef cuisinier en herbe fait équipe avec un policier de la criminelle pour élucider un mystère séculaire, stopper des assassins surnaturels et ainsi rétablir l’équilibre dans le Chinatown de San Francisco. (source: allocine.fr)
Je dois vous avouer que j’avais cette idée d’article depuis un moment, et en regardant (non sans une pointe de honte) cette série, j’envisageais de l’intégrer dans cette liste de guilty pleasure tout à fait sérieusement. Mais le dernier épisode est une telle purge, par sa débilité et son exécution qu’il est impossible de vous la conseiller. Les autres séries peuvent valoir le détour grâce à certaines qualités, mais celle-ci n’est au final qu’une perte de temps. Wu Assassins est l’exception de cette liste, et si vous ne m’avez pas lu jusqu’au bout, j’aurais peut-être réussi à vous piéger.
Pourtant Wu Assassins cochait quelques cases chez moi : du kung fu, Katheryn Winnick et des pouvoirs élémentaires. Avec en bonus Mark Dacascos, Summer Glau ou Tommy Flanagan et son fort accent écossais, il y avait une bonne petite corde nostalgique à tirer. Les scènes de combats sont pas mal du tout en début de saison, les acteurs sont bons dans les combats et s’en sortent honorablement dans les scènes dramatiques (qui frôlent parfois les limites du grotesque ceci dit). Les ennemis ne sont pas tous intéressants et vous en oublierez sans doute la moitié quelques jours après le visionnage, le rythme retombe assez rapidement et les combats sont moins soignés au fil des épisodes. On s’accroche malgré tout et on ne le regrette pas toujours car l’épisode 8, qui reprend une formule classique (un gros évènement se passe, et on le suit sous plusieurs points de vue pour en découvrir tous les enjeux), se montre très divertissant. Mais vous serez punis par la suite. Le final est vraiment un désastre.
J’intègre tout de même cette série à la liste pour assumer mes errances Netflixiennes risquées malgré le risque de devenir la victime de vos moqueries. Si vous avez une autre série de type guilty pleasure à conseiller ou si vous voulez vous repentir d’une série difficile à assumer, vous avez toute mon attention.


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5 J'aimes

J’ai essayé Wu Assassins uniquement pour l’excellent Tommy Flanagan, j’ai pas réussi à aller au-delà du premier épisode.

Bon je dois admettre que de base je déteste les films/séries qui tournent autour du surnaturel, donc ça a sûrement joué sur mon avis sur la série. Ou en tout cas sur le peu que j’ai vu.

Son personnage n’était pas terrible en plus, ils savaient pas trop quoi en foutre.

Le surnaturel ça passe pas toujours avec moi, mais dans le cadre d’une série qui se prend pas trop au sérieux, ça peut aller. J’aurais préféré une bonne série de kung fu classique, mais bon ça n’aurait pas suffit à sauver la série, c’était un peu trop bancal.

Je me suis accroché comme un con sur celle-là :hoho:

C’était pendant le confinement que tu as regardé cette série ?

Si oui, c’était justifiable.
Si non, ban requis. :sac:

1 J'aime

Non c’était assez vite après la sortie.

J’avais plutôt bien aimé le premier épisode, mais c’est assez vite retombé. En gros dans mes notes, j’ai les épisodes 1, 4 et 8 qui sont pas mal. Le reste est plus bancal.

C’est la plus faible du lot que j’ai donné dans ce sujet et de loin je pense. Les quatre sont différentes donc c’est dur de les classer, mais Wu Assassins est la seule qui m’a donné des regrets :boris3:

Daybreak part un peu en couille au fil des épisodes, mais c’était super sympa !