PCM 2017 - Plannings & pics de forme : comment s'en sortir ?

  1. Qu’est-ce qu’un pic de forme ?

Généralement, si un coureur professionnel a comme ambition de remporter une course (GT, Classiques, Championnats du Monde), il est indispensable que ce dernier soit en condition optimale avant d’entamer la course ciblée au niveau de la fraicheur, de la condition et du moral. Les trois aspects énoncé ici regroupent ce qu’on appelle plus communément le pic de forme.


  1. Comment configurer les pics de formes de ses coureurs ?

Dans un premier temps, il est important de regrouper les objectifs clés du sponsor, les principaux coureurs de son effectif avec leurs qualités et de mixer tout ça pour concocter un programme de courses réaliste ainsi que des programmes individuels pour les leaders et équipiers.

Il serait rapide et facile de sélectionner son leader comme le dépositaire d’une bonne place sur le Tour de France vu qu’il possède les meilleures notes du groupe, et d’entourer ce dernier de quelques bons équipiers histoire de se donner des chances supplémentaires. Malheureusement, la gestion dans PCM réclame un peu plus de réflexion. En premier lieu, analysez soigneusement les objectifs-sponsor, les parcours des courses en question et mettez tout ça en relation avec les qualités de vos coureurs. Un exemple ? Votre sponsor peut vous exiger une bonne place au général du Tour d’Italie (Top 3, Top 5) et vous avez un leader en montagnes capable de renverser n’importe qui. Seulement, Est-ce que vous avez pris en considération les soixante kilomètres de contre-la-montre figurant au parcours ? Si oui et si votre leader sait rouler ET grimper, vous pouvez foncer sinon, il serait peut-être plus judicieux de faire confiance à votre second leader, moins impérial quand la route s’élève certes, mais qui saura en mesure de concurrencer les coureurs complets et ainsi assurer une meilleure place au général, étant donné que sur une telle distance, un coureur non spécialiste est susceptible d’encaisser un retard de cinq à six minutes… Analysez en profondeur votre équipe vous permettra sans doute d’accrocher une place au général et respecter ainsi la demande du sponsor (surtout s’il s’agit d’un objectif majeur), au détriment de la présence de votre tête d’affiche qui ne saurait pas répondre à la diversité d’un tel parcours.

De ce fait, la meilleure stratégie consiste sans doute à élaborer des groupes de coureurs selon les objectifs de votre sponsor et comme expliqué ci-dessus, les qualités de vos coureurs. Privilégiez la présence d’un Tom Dumoulin sur le Giro au détriment d’un Romain Bardet, le premier étant en mesure de combler sa relative faiblesse dans les cols par une faculté à rouler tout à fait remarquable, alors que le français excellera en montagnes mais perdra tout son crédit sur les étapes chronométrées. Revenons à nos moutons donc, avec si possible, trois groupes de neuf coureurs, un pour chaque GT sauf si un ou plusieurs de vos coureurs doublent dans la saison (Giro-Vuelta, Tour-Vuelta). Je fonctionne de mon côté en m’appuyant sur un leader désigné (le plus complet possible), un leader de secours (capable de suppléer le premier en cas de pépins ou d’abandon), un sprinteur, un poisson-pilote (moins fort que le sprinteur), deux grimpeurs, deux rouleurs et un baroudeur (capable de prendre les échappées au cas où).

Bien sur, cet exemple prend effet pour une équipe World Tour qui dispute la totalité des grands tours. Si vous managez une équipe Continental Pro, il faudra sans doute miser la totalité ou presque de vos forces sur le GT de référence (Tour pour Direct Energie, Fortuneo, Cofidis et Giro pour Androni, Bardiani, Nippo, Willier-Triestina).


  1. Est-il possible de disputer les trois GT dans la saison sur PCM ?

D’un point de vue purement simulation oui, vous pouvez faire enchaîner à un coureur Giro, Tour, Vuelta. Au niveau du pic de forme par contre, il est impossible de planifier cela, vous ne pouvez qu’enchaîner Giro-Vuelta ou Tour-Vuelta. Prenez bien en compte qu’en disputant deux GT, cela entraine 42 jours de courses pour votre coureur et qu’en général, pour une saison “normale”, il ne faut pas dépasser 70-80 jours de courses. Une course de trois semaines entrainant généralement des courses préparatoires, on arrive assez rapidement à la limite qu’un coureur puisse endurer, faîtes donc bien attention à cet aspect en programment vos plannings.

Un exemple de préparation type pour le TdF : Paris-Nice, Romandie, Dauphiné ou Suisse + CN.
Un exemple de préparation type pour Giro : Oman, Tirreno-Adriatico, Tour des Alpes.

Avec ce type de programme(s), nous arrivons, en fin de Giro, avec un total de 39 jours de courses. Si vous ajoutez à cela le Tour de France, nous arrivons à 60 jours de courses, ce qui veut dire qu’à partir de fin juillet jusqu’à octobre, vous avez une limite de dix jours de courses maximum pour le coureur en question. Au contraire, si vous suivez la préparation du Giro et décidez de disputer ensuite la Vuelta, vous avez la possibilité de courir la Vuelta à Burgos ou la Route du Sud (5 étapes) avant le dernier grand tour de la saison pour un total de 65 jours de courses. Ainsi, rendu en septembre, il vous sera plus aisé de miser vos dernières forces sur cinq-sept jours de courses que si ça vous arrivez fin juillet. Enfin, si vous décidez de doubler Tour et Vuelta, vous pouvez suivre la préparation au TdF et le disputer pour un total de 44 jours de courses. En enchaînant ensuite avec le Tour d’Espagne, vous arrivez à 65 jours de courses et disposez donc du même crédit qu’en doublant Giro et Vuelta.


  1. La fatigue est-elle prépondérante dans le déclenchement du pic de forme ?

Oui ! Je ne cesse de le répéter mais il est vital de bien organiser son calendrier, ses plannings et de ne pas mettre un coureur sur orbite de janvier à octobre sous peine de le griller rapidement et ainsi n’obtenir aucun bénéfice de caractéristiques pourtant élevées. N’hésitez pas à sacrifier certaines courses afin d’économiser vos coureurs parce que dans le fond, qui se soucie d’aller gagner le Tour du Portugal, le Tour du Qinghai Lake ou le Tour du Mozambique ? Montrez-vous intelligent et même si vous voyez des cadors disputé plus de courses que vous, attendez votre heure gentiment et vous verrez que la fraîcheur joue un rôle crucial dans cet opus. Contentez-vous de courses préparatoires et ne dépassez pas, si possible, 70-80 jours de courses.


  1. Et si tu présentais un exemple concret alors dans ce cas-là ?

UAE Team Emirates - World Tour - 3 GT dans la saison.
Leaders : Costa (Complet), Meintjes (Grimpeur), Swift (Sprints), Ulissi (Puncheur).

Le sponsor souhaite une victoire d’étape sur les trois grands tours et des résultats plus probants au général sur des courses préparatoires (Tirreno-Adriatico, Paris-Nice), des classiques (Milan - San Remo, Giro di Lombardia) ou des championnats nationaux (Italie, Portugal).

De ce fait, vu mes objectifs et mes coureurs, Rui Costa sera le leader sur le Giro, alliant grimpeur, puncheur et rouleur, des qualités qui feront de lui un prétendant pour le général. De son côté, avec ses qualités de grimpeur et d’explosivité, Meintjes sera lui mon leader sur le Tour de France étant donné qu’il y a peu de contre-la-montre, sa principale faiblesse. Enfin, sur le Tour d’Espagne, nous aurons un profil très accidenté et montagneux, c’est ainsi que le colombien Darwin Atapuma aura l’occasion de me montrer ses facultés à se muer en leader, étant très à l’aide dés que la route s’élève. Je vais ajouter à ça Sacha Modolo sur le Giro pour les sprints, Ben Swift sur le Tour de France et ferait confiance à Andrea Guardini sur la Vuelta, qui aura lui-aussi une belle occasion de me montrer ses qualités.

En ce qui concerne les classiques, Ben Swift sera en mesure de m’apporter satisfaction sur Milan - San Remo grâce à ses qualités de puncheur (77 en VAL) et de sprinteur (77 en SP et 78 en ACC). La ou beaucoup de sprinteurs vont souffrir dans les différentes côtes, notre homme-fort sera dans un fauteuil et nous nous ferons un plaisir de durcir la course. Rui Costa et Diego Ulissi (80 en VAL) seront main dans la main pour aller décrocher une place en Lombardie, les deux étant bons grimpeurs aussi, nous pourrons compter sur deux hommes forts pour la gagne.

Giro : Rui Costa (Leader), Modolo (Sprinteur) + 7 autres (leader 2, grimpeurs, rouleurs).
Tour : Meintjes (Leader), Swift (Sprinteur) + 7 autres (leader 2, grimpeurs, rouleurs).
Vuelta : Atapuma (Leader), Guardini (Sprinteur) + 7 autres (leader 2, grimpeurs, rouleurs).

N’oubliez pas, dans vos compositions de grands tours, de faire appel à un leader désigné, un leader remplaçant, un sprinteur, un poisson-pilote, deux rouleurs, deux grimpeurs, un baroudeur.


  1. Et les courses mineures dans tout ça, on en fait quoi ?

Eh bien comme certaines, vous vous inscrivez et les disputer !

Avec qui me direz-vous ? Les classiques pavés seront dépendantes de votre coureur le plus à son aise sur ce revêtement (Marcato dans mon exemple) et les autres courses d’une semaine elles, peuvent revenir à d’autres garçons (Jan Polanc, Premyslaw Niemec, Simone Petilli chez moi) qui sont jeunes et pas encore en mesure d’être leaders mais qui peuvent, par ces courses, prouver qu’ils ont tout pour le devenir très rapidement. Enfin, les courses plates comme la main peuvent revenir à vos sprinteurs de seconde zone (Roberto Ferrari, Simone Consonni chez moi) et avec une bonne forme et un état de fraicheur suffisant, ils sont en mesure de battre des cadors tels que Cavendish, Kittel, Greipel et compagnie…

Vous avez un collectif avant des individualités. Bien sur, vous avez des leaders mais sans les équipiers, vos leaders ne sont rien. N’oubliez jamais qu’un grimpeur non-leader ou qu’un sprinteur qui n’est pas numéro un dans votre hiérarchie peut vous apporter des succès précieux, que ces victoires peuvent contribuer à un moral positif et qui dit moral positif dit aussi progression plus rapide. Il m’arrive parfois d’avoir un coureur de seconde zone (grimpeur, sprinteur) qui se révèle sur une saison et qui grimpe dans la hiérarchie la saison d’après en ne décevant pas.
Confiance + Succès + Moral + Progression = Assurance d’avoir une équipe compétitive.


  1. C’est peut-être le moment de la conclusion non ?

Analysez bien les objectifs-sponsors, les qualités des coureurs.
Faîtes attention aux parcours des courses clés pour votre sponsor.
Adaptez ensuite les bons coureurs aux bons parcours pour un maximum de résultats.
Ne faîtes pas 100 courses dans la saison, ça ne rime à rien.
Contentez-vous de courses préparatoires indispensables à une bonne condition.
Ne dépassez jamais 70-80 jours de courses, risques d’épuisement ou de griller un potentiel.
Faîtes confiance à votre équipe et vos individualités (la future star peut être chez vous).
Notez que malheureusement, une maladie ou une chute annihile un pic de forme.

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Du coup tu as tendance à virer des 2.1 ou des 2.HC de ton calendrier j’imagine ? Les mois de février à avril sont asez touffus en courses de second rang !

Si tu as un objectif sur Paris Nice, tu fais quoi avant, une course d’une semaine et hop ?

Et enfin, tu confirmes qu’en World Tour, seul le classement général compte ? Le sponsor demande des victoires d’étapes mais c’est juste pour qu’il soit heureux non ? Car ça rapporte rien au classement WT…

Je peux en faire certaines si, 4 Jours de Dunkerque, Tour d’Oman, Tour de Californie et tout ça. Je n’enlève pas tout, c’est une simple sélection des courses qui se déroulent dans le(s) pays qui tiennent à cœur à mon sponsor. Les autres oui, ça ne m’intéresse pas. Je ne fais jamais la Vuelta à San Juan en début d’année, ni même le Tour du Langkawi ou le Qinghai Lake, aucun intérêt.

Avec un objectif sur Paris-Nice ? Je vais privilégier les courses d’un jour (Laigueglia, Marseillaise) ou des courses d’une semaine tranquille (Bessèges, Oman).

En WT, tout compte. Ton sponsor peut vouloir un Top 3, Top 5 ou une victoire finale sur un GT, ou bien une victoire d’étape, une victoire au classement par points ou grimpeur. Selon cet objectif, tu adaptes ton groupe à la demande. A la Sunweb, tu as un Top 3 au Tour non ? Tu peux prendre le pari de disputer le Tour d’Oman, Paris-Nice, Romandie, Dauphiné, Tour avec Tom Dumoulin, tu arrivera à 49 jours de courses après le Tour et tu mets bien ton pic de forme sur le Tour, tu devrais défoncer pas mal de monde.

Si tu as comme objectif un maillot de grimpeur ou sprinteur, tu dois plutôt revoir tes plans et emmener Barguil pour la montagne ou Matthews pour les sprints. Si ton sponsor réclame une victoire d’étape, tu emmène un leader (Dumoulin), un leader suppléent (Barguil), un sprinteur (Matthews), un poisson-pilote (Arndt), deux rouleurs (Stamnijsder, Geschke), deux grimpeurs (Oomen, Ten Dam) et un baroudeur (Timmer).

Est-ce que les équipiers (grimpeurs, poisson pilote) doivent aussi avoir leur pic de forme sur le tour (si c’est l’objectif) ou leur forme importe peu ?

Il y a des objectifs encore ? Les équipiers tu leur met le tour aussi comme objectifs?

La forme permet aux coureurs d’exploiter au mieux leurs capacités (leurs notes dans le jeu donc), donc si tu veux réussir tes objectifs/faire de bons résultats, il faut évidement qu’eux aussi aient leurs pics de forme au bon moment de la saison.

Ça dépend de ta façon de courir aussi. Si tu laisses aux autres équipes le soin de rouler, t’as pas forcément besoin de coéquipiers au top. Si ils ont eux même d’autres objectifs ailleurs, tu peux décaler leur pic de forme.

Du coup, j’avais une question. Comment faire un train en montagne efficace ? :slight_smile:

Leader - Leader #2 - Grimpeur 3 - Grimpeur 2 - Grimpeur 1.

Le grimpeur 1 étant le moins bon et plus tu montes, plus le coureur est fort. Le premier en relais seul ou effort curseur à ajuster selon la distance restante à faire. Si c’est un seul col, assez fort puis de plus en plus fort selon le train qui s’efface. Si c’est une étape avec plusieurs cols, ne pas commencer dans le premier, attendre les deux-trois derniers sans rouler trop fort au risque de te retrouver avec ton leader esseulé au pied de la dernière difficulté.

@PhenomForever une astuce pour les mac users autre que bootcamp :sac:

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Je les mets en protection et je gère par le leader ?

Non, tu fais “suivre”, tel un train !

Je déconseille un peu les trains avant les derniers cols perso, c’est un truc à se faire piéger son coureur au milieu du peloton, cette année c’est vraiment tendu le placement parfois

Je fais ça super souvent en me replaçant bien avant et ça fait souvent un carnage. Bon tu fera pas ça en montagnes avec Direct Énergie comme avec Sky…