Survivor, le binge parfait

Depuis 2000, l’émission Survivor est une institution aux US, et pour moi, depuis la 17ème saison, c’est un rendez-vous immanquable. En binge watching. En suivant la saison semaine par semaine, le jeu a commencé à me lasser (comme Koh Lanta l’a fait à une époque) et j’ai changé d’approche. Deux fois par an, je stocke les épisodes et quand j’ai mon humeur Survivor, je bouffe la saison en 3-4 jours. Les épisodes faibles sont vite oubliés, les moments forts sont savourés. Survivor, c’est le show du binge par excellence, pour moi.


La lassitude Koh Lanta


Sans être un immense fan de Koh Lanta, je commençais à prendre plaisir à suivre l’émission chaque semaine, pour l’aventure, pour les décors (c’est con, mais c’est -en tout cas c’était dans mes souvenirs- bien filmé et mis en valeur) et un peu pour le jeu. Mais en général après la fusion des tribus, le jeu devenait prévisible.

Mais surtout le montage m’a gavé. J’ai lâché dans une saison où il y avait un pizzaiolo et j’ai encore en tête les premières images de son portrait où il est tout excité, en trois épisodes, on a du voir le portrait une dizaine de fois. C’est insupportable. Les épisodes étaient longs, les portraits répétitifs, et le replay de mytf1 est tellement pourri que passer ces séquences m’obligeaient à me retaper les 2 minutes de pubs. J’ai abandonné. Et j’ai tout misé sur la version US…

Il semble que Koh Lanta s’est amélioré, la stratégie est plus présente, l’intégration d’éléments de la version US comme le collier d’immunité ont sans doute fait beaucoup de bien, mais pour moi, le deuil était fait.


Puis vint Survivor


Au même moment, je traînais sur un forum de séries (avec @Gino) où Survivor était souvent mentionné. C’était mieux que la version française paraît-il. Je me suis donc lancé sur la saison 17 au Gabon. Tout était différent :

- le rythme des épisodes tout d’abord. Quand on vient de Koh Lanta avec ses épisodes de 2h, voir les trois jours résumés en 40 minutes peut frustrer mais l’absence des portraits, des répétitions, de la voix off, ça changeait totalement la perception. Le jeu est plus mis en valeur, non les candidats. Leurs actions plus que leur personnalités vont les distinguer.

- le jeu est plus décomplexé. Je ne sais pas si cette saison est célèbre pour ça (on laissera l’encyclopédie Gino le dire), mais j’ai été marqué par la stratégie assumée (là où Koh Lanta, du moins à l’époque, louait seulement la loyauté), les coups de pute. Randy un candidat aigri s’était mis tout le monde à dos, et pour l’éliminer, quelqu’un a fabriqué une fausse idole d’immunité et lui a donné. En la jouant, il réalise qu’il s’est fait avoir. C’est cruel mais cela parviendra à rendre ce personnage peu aimable attachant. Et on peut aussi saluer le coup stratégique.

- le présentateur de l’émission est totalement investi, il commente les épreuves en live devant les candidats, il n’y a plus de voix off depuis longtemps. Cela donne du dynamisme aux épreuves et des interactions inédites, les candidats commentent parfois les commentaires du commentateurs (héhé), cherchent à le perturber ou le faire rire. Cela lui vaut aussi quelques accusations de machisme ou d’acharnement (parfois justifiés), mais avec l’investissement de Jeff Probst et le montage, on ne s’ennuie pas.

De l’avis général, cette saison au Gabon est une des plus mauvaise de Survivor, mais elle garde une place spéciale dans mes souvenirs. (Les autres préfèrent retenir de cette saison une affaire de pénis qui sort du short pendant une épreuve. CBS masque généralement les poitrines et cul qui passent mais ils sont passés à côté de ça.)

Bref, si une saison faible pouvait autant me plaire, j’étais parti pour me régaler. Les producteurs ont vite compris que pour durer, il fallait que le jeu soit divertissant. Ils ont rajouté des twists, les candidats jouent le jeu à fond, le but n’étant pas de se faire des amis, mais de ramener 1 million de dollars à la maison et il faut les mériter.


Des moments cultes pour un jeu toujours pertinent


Avec des moments cultes comme le collier d’immunité d’Erik, Russell qui jette les rations de riz pour foutre le bordel dans sa tribu, le double Idol jouée par Parvati ou encore quand une candidate élimine sa mère dans une saison familiale, Survivor arrive à proposer régulièrement des moments forts, des twists improbables, des éliminations historiques. On aime autant les héros comme les villains. Ils en ont même dédié une saison.

Parfois les producteurs forcent le trait, ils mélangent les équipes en cours de jeu pour tenter de secouer un début de saison moyen mais se loupent. Parfois des idées comme Redemption Island sont bancales ou cassent le plaisir initial du jeu (en l’occurrence, le côté définitif d’une élimination), parfois on a des coups de génie qui sauvent un casting bancal.

Ces dernières années, on a vu arriver des érudits de Survivor. Des super-fans du jeu qui connaissent tout sur le bout des doigts et pensent pouvoir tout anticiper. Voir certains se casser les dents sur la réalité du jeu peut offrir un plaisir sadique, et parfois on assiste à des révélations comme Cochran, une personne timide qui sort totalement de sa bulle au contact du jeu.

Je prends de plus en plus plaisir à voir ces candidats sur qui on ne miserait pas un centime en début du jeu se révéler au fil des jours sur ces îles maudites. Sur la saison 38 que je viens de terminer, Rick Devens débute comme un candidat lamba au possible. Il est marrant avec ses commentaires d’animateur radio, mais il ne marque pas les esprits. Et après la fusion il va prendre le jeu en main et attirer toute l’attention. Aucun autre ne lui arrive à la cheville dans cette saison, et tous se ligueront contre lui pour l’éliminer avant la finale, quitte à sacrifier leur place parce qu’ils savaient qu’il allait tout rafler.

Pour ses décors, son rythme, ses candidats, ses coups stratégiques. Pour ses moments de détresse quand la tempête frappe un camp pendant des jours. Pour ses épreuves sous une chaleur étouffantes qui poussent les candidats dans leurs retranchements. Survivor reste une aventure dont je ne peux me passer.

Après Noël et pendant l’été, je me réserve une place pour le binge watching parfait.



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C’est marrant, mais j’ai regardé pas mal de saison de Koh Lanta (6 ou 7 je pense?), et j’en garde pas un souvenir aussi précis que Survivor… (J’ai probablement raté les légendes du jeu)

ET niveau candidat, j’ai l’impression qu’on est dans un autre monde, avec encore plus de stratégies, encore plus de coups de pute etc.

Parvati Shallow qui avait parfaitement pigé comment manipuler tout ce qui bouge ou presque. (RIP Erik)
Tony Vlachos qui m’a rendu totalement fou, mais quel respect pour cette ordure. :hoho: Le mec a mis tellement de gens à l’envers, dans tous les sens.
Russell Hantz qui était tellement une ordure pas possible que ça lui a couté son mariage dans la vie. :hoho: Le roi du chaos… capable de niquer et retourner n’importe qui.

« I didn’t come here to work, I came here to play, you got to talk about alliance as soon as step on this island, so my strategy is to be able to have a secret alliance with each one of these dumb girls. it is Day 1 now and I got an alliance with the dumb short haired blonde, the even dumber long haired blonde, and the dark haired girl. »

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