Bosch

Bosch


Genre : Policier
Diffuseur : Amazon Prime Vidéo
Date de sortie : 2014 - 2021 (70 épisodes)

Série adaptée des romans de Michael Connelly par Eric Ellis Overmyer
Avec Titus Welliver (Harry Bosch), Jamie Hector (Jerry Edgar), Amy Aquino (Lt. Grace Billets), Lance Reddick (Irvin Irving), Sarah Clarke (Eleanor Wish), Madison Lintz (Maddie Bosch), Troy Evans (Detective Johnson), Gregory Scott Cummins (Detective Moore), Scott Klace (Sgt. John Mankiewicz), Mimi Rogers (Honey Chandler), Paul Calderon (Jimmy Robertson), DaJuan Johnson (Rondell Pierce), Linda Park (Jun Park), Steven Culp (Richard O’Shea), etc.

Bosch, c’est quoi ?


Harry Bosch est un détective au département des homicides pour la division de police d’Hollywood à Los Angeles. Réputé bon enquêteur, il a le respect de ses pairs mais cause de nombreuses migraines à ses supérieurs ou à son partenaire J Edgar. Sa capacité à se faire des ennemis est sans égale. Il se trouve également sous le feu des projecteurs après la mort d’un suspect dans une ruelle.
Le passé de Bosch est douloureux, sa mère était une prostituée et a été assassinée en 1979 et il a été placé en orphelinat après ce drame. Aujourd’hui, il est divorcé et a une fille, Maddie. Sa femme vit à Las Vegas et il semble avoir un contact limité avec sa famille.

Saison 1 (2014-2015)

Bosch S1
Affaires :

 - Des ossements d’un adolescent sont retrouvés dans une colline et datent d’une vingtaine d’années,
 - Un tueur de prostitués (masculins principalement) sévit actuellement à Los Angeles,
 - Bosch est la cible d’un procès pour la mort d’un suspect dans une ruelle.

 

Saison 2 (2016)

Bosch S2
Affaires :

 - Un producteur de films pornos est tué et placé dans le coffre de sa voiture après s’être arrêté pour aider une femme victime d’une panne de voiture,
 - Les fédéraux sont sur une enquête d’envergure secrète qui est connectée, de près ou de loin à celle du producteur,
 - George Irving est undercover pour enquêter sur des flics ripoux.

 

Saison 3 (2017)

Bosch S3
Affaires :

 - Un ancien militaire devenu SDF est assassiné dans sa caravane,
 - Harry et Anita Benitez doivent monter un dossier pour le procès d’un réalisateur accusé d’avoir tué une actrice,
 - Harry surveille Ed Gunn, accusé il y a plusieurs années d’avoir poignardé une prostituée mais qui n’avait pas été poursuivi par les procureurs.

 

Saison 4 (2018)

Bosch S4
Affaires :

 - L’avocat Howard Elias est assassiné dans les transports en commun avant un procès d’envergure contre la police de Los Angeles, Irving assigne Bosch et Jimmy Robertson à l’enquête,
 - Eleanor participe à une enquête du FBI sur la triade chinoise participant à des paris à Los Angeles,
 - Le tueur appelé KTK rôde toujours dans la ville.

 

Saison 5 (2019)

Bosch S5
Affaires :

 - Une pharmacie est cambriolée, propriétaire est tué et les suspects ont pu fuir à cause d’une succession d’erreurs de la division d’Hollywood,
 - Une affaire vieille de 20 ans à laquelle Bosch a participé pourrait être rouverte par le Conviction Integrity Unit,
 - Des policiers en patrouille ont tué un suspect, l’affaire peut enflammer à nouveau la relation déjà fragile avec la communauté.

 

Saison 6 (2020)

Bosch S6
Affaires :

 - Du Cesium a été volé par Dr Kent, un physicien médical, qui agissait pour protéger sa femme. Il a été exécuté,
 - J Edgar continue d’enquêter sur les policiers qui trafiquent avec les jamaïcains,
 - Bosch recherche toujours une piste sur la mort de Daisy, la fille de l’addict Elizabeth Clayton.

 

Notes


  • La série est une adaptation de la série de romans de Michael Connelly dédiée à l’enquêteur Bosch. L’auteur a participé à l’adaptation de la série et fait partie du groupe de scénaristes travaillant sur la série.

  • La première saison de Bosch n’est pas une réussite, tout dans la série sent le déjà vu, tant au niveau du personnage que de la réalisation en passant par les enquêtes. Même si les 10 épisodes s’enchaînent sans trop de soucis, on peut se poser la question de poursuivre la série. Heureusement dès la deuxième saison la série passe un vrai cap et trouve son rythme. Les affaires sont variées, et surtout bien mieux menées.

  • La série se divise en trois parties : les enquêtes bien sûr, on en trouve généralement 2 ou 3 dans une saison et le développement se fait au cours de la saison entière. La politique a un rôle important dans la série, généralement représenté par Irving qui a l’ambition de gravir les échelons, Bosch est à la fois un allié et une épine dans le pied pour lui. La vie personnelle de Bosch (puis des autres) occupe aussi une partie des épisodes, sans être un boulet pour la série.

  • Bosch a fait partie de ce qu’on appelait le Pilot season d’Amazon Prime Vidéo. Amazon produisait une dizaine de pilots et les spectateurs pouvaient voter pour désigner quelles séries allaient se poursuivre. L’idée n’a pas duré très longtemps, malgré le succès de Bosch et à un degré moindre Mozart in the Jungle, la série qui avait recueilli le plus de vote, The After (créée par Chris Carter, X-Files) a vite été annulée par Amazon devant la piètre qualité du projet.


Saison 1

Le premier contact avec la série n’est pas fantastique. Certes la réalisation est soignée et le casting est de qualité, mais tout respire le déjà vu.

Le personnage de flic difficile à gérer, tendance fumeur abusif qui a de la descente, qui a un passé trouble et la gachette facile. Comme je le dis, la réalisation est soignée mais sans saveur, aucune scène ne va marquer les esprits.

Autre soucis, l’intrigue secondaire de Bosch avec Julia est assez médiocre, le but est d’amener un dilemme à Bosch où il doit choisir entre couvrir sa copine ou un suspect innocent (de cet acte en question en tout cas). Cela renforce la moralité de Bosch mais là encore, on ne ne retrouve pas surpris par les développements. Heureusement la partie familiale est plus intéressante et évite les clichés habituels avec l’ex-femme. Malgré une engueulade, leur relation est très cordiale et l’intérêt principal est celui de leur enfant. Enfant qui est loin d’être un boulet, elle donne à Bosch plus d’humanité.

Le coeur d’une série policière ça reste quand même les enquêtes. Là le bilan est plus positif, mais loin d’être parfait. Marks est le personnage du camp opposé qu’on voit le plus, et il a montré une certaine habileté qui donne de l’intérêt à cette intrigue. C’est sans doute un passage obligé pour installer le personnage de Bosch, mais le lien entre les deux ne me semblait pas indispensable. J’espère que ça ne sera pas reproduit trop souvent.

L’affaire des ossements est ce qui propose les meilleurs développements au début mais une fois qu’on a les premières réponses il n’y a plus aucun intérêt et la série peine vraiment à relancer cette intrigue. La conclusion douce amère est assez satisfaisante.

Comme toute série policière qui se respecte, il y a une part de politique. La formule est très classique, le chef a des ambitions politiques, trouvent un accord avec un autre politique et Bosch se retrouve mêlé de près ou de loin à tout ça. C’est classique et jamais surprenant. Ça ne prenait pas trop de temps, tant mieux, mais ça ressemble plus à une mise en place destinée à servir à l’avenir en cas de besoin.

Il me semble que la première saison est considérée par beaucoup comme la plus faible, c’est ce qui fait que je donnerai facilement une seconde chance. Il y a des points positifs, un personnage malgré tout assez efficace, un background qui donne de la matière et une mise en place de plusieurs éléments personnels, professionnels ou politiques qui pourraient être intéressants une fois mieux exploités. Mais là il faut avouer que cette première saison n’est pas grandiose.

Notes par épisode

1.01 - 6
1.02 - 5
1.03 - 7
1.04 - 7
1.05 - 7
1.06 - 6
1.07 - 6
1.08 - 7
1.09 - 6
1.10 - 7

Saison 2

Dès le début de la saison, on entre dans le vif du sujet, et ce n’est pas parce que l’affaire concerne un producteur de porno qu’on se sent forcément plus attiré par l’enquête, mais la série donne tout de suite la sentiment d’être à présent à l’aise avec ses personnages et sa structure. On a taillé dans le gras et choisit un développement des affaires qui reste assez lent mais bien plus fluide.

Il n’y a pas d’épisode faible où il ne se passe rien et on a pas mal d’éléments qui nous permettent d’établir des théories ou d’imaginer les fausses pistes placées là par les scénaristes. Le fait d’avoir trois affaires (quatre en réalité, avec une affaire personnelle pour Bosch qui se développe à la fin de saison) a inspiré les scénaristes. On passe de l’une à l’autre au sein d’un même épisode sans que ça nous frustre un instant et leur importance va varier de l’épisode à l’autre, pour gérer ses révélations. À ce sujet, le côté « tout est lié » est fait habilement, à des niveaux parfois surprenants. Cela amène en particulier deux excellents épisodes, les 5 et 6, qui amènent révélations et tension à un niveau jamais atteint jusque là.

On pourrait regretter que tout soit un peu trop lié, que l’intrigue familiale se mêle du reste notamment, mais le parti pris du divertissement et d’une saison dense et riche ne me pose aucun problème. J’ai préféré ce genre de liens à celui des origines de Bosch dans la première saison.

Parmi les moments forts, le personnage de Nash est intéressant. Cet ancien enquêteur trouble très vite par son investissement dans son affaire. Est-il impliqué ou est-ce juste un policier en « manque » de terrain ? Quand la réponse arrive, elle parvient à surprendre, elle m’a totalement surpris en tout cas. Ça ne vient pas de nulle part, mais l’effet choc de la révélation a totalement fonctionné.

Entre ces révélations et le dénouement il y a une petite baisse de rythme, un soucis pour maintenir un intérêt total jusqu’à la fin de ces affaires, mais c’est très léger et bien moins présent que dans la première saison.

La clôture des affaires est toujours un moment délicat dans ce genre de séries, les séries ne veulent pas forcément faire la sobriété, on garde comme pour la première saison une sorte de fin ouverte, avec une conclusion satisfaisante mais pas totale. On a un peu d’action (ce n’est pas le point fort de la série, mais la fusillade près de la cabane était pas mal) mais pas de moment surréaliste, je prends.

Le dernier épisode nous amène sur une courte enquête sur la mort de la mère de Bosch, je pensais que ça allait préparer une enquête de la saison 3 mais finalement on a la réponse très vite. Une cold case rapidement fermée. C’est pas plus mal, je ne suis pas sûr que ça aurait eu les reins assez solide. Et c’est un bon signe aussi pour la série que de savoir rendre une enquête personnelle aussi minime en fait.

Comme pour la première saison la série s’accompagne d’un aspect politique assez développé et principalement incarné par Irving, qui sert de relais à O’Shea, et autres. Elle a pris plus d’ampleur, grace ou à cause d’une affaire en particulier. On reste plutôt dans du classique mais cette saison c’était plus nuancé, il y avait un côté plus tragique et personnel qui a bien fonctionné.

La partie familiale est bien présente ici. Comme je disais un peu plus haut, le lien avec l’affaire était peut-être dispensable, mais ça donne une bonne raison d’avoir la famille à Los Angeles. Il y avait pour moi deux éléments qui allaient servir de test. Si elle était tuée dans la prise d’otage pour créer en Bosch une farouche volonté de revanche c’était mauvais signe, ou s’il couchait avec Eleanor pendant qu’elle traverse une séparation temporaire avec Reggie, c’était aussi un choix qui allait m’énerver. La série a évité ces « facilités », ce qui m’a plu. La relation avec sa fille reste un point fort et Eleanor est l’une des ex-femme de flic de série policière les plus intéressante, compétente et supportable qu’on ait vu.

Le bilan est donc positif, tout n’est pas parfait mais à tous les niveaux la série s’est améliorée par rapport à la première saison.

Notes par épisode

2.01 - 7
2.02 - 7
2.03 - 6
2.04 - 7
2.05 - 8
2.06 - 8
2.07 - 7
2.08 - 7
2.09 - 7
2.10 - 7

Saison 3

Pour une série parlant sérieusement de meurtres, il est difficile de parler de légèreté, mais la deuxième saison donnait un peu ce sentiment, le décor était plus luxueux, Bosch était dans une humeur globalement positive (à un kidnapping près). Ici on démarre avec un Harry énervé dès le début de saison et l’univers est plus sordide dans l’immédiat. Ce n’était pas le point de départ que j’espérais, et c’est ce qui a rendu le premier épisode plus difficile à approcher. Néanmoins quand les premiers éléments d’un piège se mettent en place, on comprend que l’objectif de faire tomber Harry arrive à un moment propice dans sa vie et son état d’esprit facilite ce plan. Autant pour la crédibilité/l’efficacité du piège que pour offrir aux proches de Bosch un test de loyauté.

Surfant un peu sur les soupçons publics autour d’Harry évoqués dans la première saison, celle-ci entre bien plus dans le côté trouble de Bosch et s’en sert d’élément narratif majeur. Il n’y a pas de surprises majeures dans les affaires, on a assez vite tous les éléments en main, la clé est de savoir comment Harry et les autres vont pouvoir manœuvrer avec sa réputation remise en cause. Ce manque de surprise peut gâcher un peu le plaisir de l’enquête, mais la formule fonctionne bien malgré tout. Les deux temps forts sont bien placés, le premier au moment où sa légitimité est la plus remise en cause, et le second est au moment où la conclusion approche et tout s’accélère. La final est réussi également, relançant même une affaire que je pensais sincèrement morte.

Sur ce point, j’aimais d’ailleurs l’idée de l’affaire du meurtre de sa mère définitivement classé, sans qu’il n’aie pu avoir une satisfaction personnelle d’arrêter le coupable. La tournure que l’affaire prend en fin de saison est un classique du genre, éculé à vrai dire. J’espère que ce sera bien traité. La fin avec Irving acceptant sa nomination publiquement et qui comprend que Bosch va lui pourrir la vie encore longtemps était assez savoureuse je dois l’avouer.

Pour en finir sur les affaires de la saison, il n’y a pas eu de grande surprise donc, mais le traitement a été globalement très satisfaisant, Bosch progresse et sert de relais des trois affaires, jamais seul, son habileté ne se joue pas seulement dans son instinct ou son intelligence, mais sa capacité à se faire des alliés même quand ça démarre mal pour lui, ce qui était plaisant.

Au niveau familial, Eleanor est absente jusqu’au dernier épisode, et ça ne pose aucun soucis, la relation avec Maddie continue de se développer tranquillement. Le retour d’Eleanor permet d’imaginer un retour du FBI assez rapidement dans la vie de Bosch. Sur le plan personnel par contre, l’histoire avec Anita est assez médiocre et très dispensable.

J Edgar a droit à plus de développement cette saison, cela rejoignait bien le thème avec les soupçons sur Bosch car sa loyauté est vite testée et la fin de saison change un peu la dynamique du duo. Je n’aime pas le terme mais Bosch sera moins « l’alpha » de la paire, et Jerry va pouvoir s’imposer un peu plus. À moins que J Edgar reste pour servir d’antagoniste à Bosch à un moment ou un autre, je pense qu’on va en rester sur l’idée d’une équipe entre les deux mais l’ambiance risque de changer un peu.

Il y a eu moins de politique cette saison, l’élection est balayée d’entrée, la révélation sur O’Shea a plié l’affaire. L’intérêt ici était de développer plus personnellement Irving. La mort de son fils a eu logiquement une grande influence sur son boulot et sa vie familiale, la série s’en sert bien pour le reconstruire et l’amener dans la voie qui ne surprendra pas : il change d’avis et accepte de devenir le nouveau chef permanent de la police. Ce personnage est construit patiemment, Lance Reddick est sous-coté comme acteur (le fait de jouer la plupart du temps un policier haut gradé ne doit pas aider), mais il s’en sort vraiment bien, il en impose et montre un personnage tout en retenu et self control, vraiment taillé pour gravir les échelons mais qui se montre humain, discrètement.

La saison est réussie, j’ai préféré le côté fun et plein de twists de la deuxième, mais avoir Bosch en figure centrale, pas seulement en point de vue était intéressant et utile sur le long terme.

3.01 - 6
3.02 - 7
3.03 - 7
3.04 - 8
3.05 - 7
3.06 - 6
3.07 - 7
3.08 - 8
3.09 - 7
3.10 - 7

Saison 4

Nous sommes trois mois après la troisième saison. La date m’intéressait. La série pouvait faire une ellipse qui l’arrangeait pour permettre de faire oublier la tension entre Bosch et J Edgar (tout comme l’état de forme de ce dernier) ou elle pouvait continuer à creuser les dissensions. Le choix a vite semblé très pertinent, on a senti toute la saison ce doute dans l’esprit de J Edgar, même si les évènements affectant Bosch ont facilité la réconciliation.

Le premier épisode est une réussite totale, les promesses apportées par l’affaire et les équipes sont géniales. Et même si ce groupe trouve sa routine, ce n’est jamais ennuyeux. La relation entre Bosch et Jimmy Robertson est très intéressante où le respect domine mais on sent en permanence une frustration entre ces deux enquêteurs. J Edgar a eu plus de mal à trouver sa place dans l’affaire, mais entre sa vie à la maison et sa présence autour de Bosch, le personnage reste un élément important de la série.

Une des réussites de la saison c’est le rythme des affaires. La saison est remplie avec cette affaire d’envergure, une affaire du FBI qui va prendre de l’importance en deuxième partie de saison, et la politique qui se mêle à tout ça. Mais jamais un épisode ne semble forcer les choses ou accélérer maladroitement les choses. Le dernier épisode est un monstre de maîtrise et finit de me convaincre qu’on a assisté à la meilleure saison de la série jusque là. Jamais on est brusqué, jamais on est perdu, mais on enchaîne les éléments clés, politiques, judiciaires, policiers ou personnels, mais les scènes en elles-mêmes restent très posées.

Parlons politique justement, après une saison plus calme pour Irving, qui servait à le remettre sur pied après un drame, il a du travail avec cette affaire très tendue et des gens qui oeuvrent dans son dos pour lui faire porter le chapeau. Après avoir été quelque peu passif, il s’en sort brillamment en fin de saison avec cette scène qui sera marquante pour un moment, quand sa voiture s’arrête à côté de celle du maire, le fixe du regard, et s’en va. La suite au niveau local va être intéressant à suivre.

Parmi les points qui pourraient faire polémique. Il y a bien sûr le cas Eleanor. Elle est en plein high, le rush du danger l’a fait revivre mais a détruit sa relation avec Reggie et va même l’amener à un triste sort. Dans la saison 2 j’avais évoqué la facilité de la mort d’Eleanor pour pousser Bosch vers la vengeance. Sa mort cette saison est donc forcément frustrante. L’épisode en lui-même est beau, le choc que cela cause aux personnages jaillit pleinement sur nous. Après un épisode métaphorique sur la noyade pas très réussi, la série rebondit bien et on arrive à la fois à résoudre l’affaire (autant que possible) tout en gardant une porte ouverte pour développer le FBI à l’avenir. Mais était-ce nécessaire ? Le personnage était réussi, c’est dommage…

Le côté anticlimactique de l’affaire KTK qui est, avec l’affaire de la mère de Bosch la seule qui se développe sur plusieurs épisodes de plusieurs saisons, peut surprendre, ça ressemble presque à une blague. Mais entre la résolution et cette fausse piste de la série qui nous a fait croire à une affaire majeure, j’ai trouvé ça amusant. Ce n’est pas à reproduire à chaque fois, mais là c’était bien.

Le portrait des militants BLM est parfois maladroit, surtout quand on regarde la série en 2020. Bosch est une série nuancée, mais ça reste une série policière qui glorifie les grands inspecteurs. Le portrait des militants est le plus grossier on va dire, c’est plus ridiculisé qu’autre chose et ça c’est dommage. Cela reste qu’une micro intrigue qui sert à donner un climat d’importance et d’urgence à l’affaire Elias, mais ça aurait pu être plus fin.

Un vrai défaut dans une saison réussie.

4.01 - 8
4.02 - 7
4.03 - 7
4.04 - 8
4.05 - 6
4.06 - 7
4.07 - 7
4.08 - 7
4.09 - 7
4.10 - 8

J’ai bouffé 4 saisons en même pas deux semaines, comme je le mettais dans le premier post, la première saison n’est pas top, mais ça s’enchaine quand même sans trop de soucis et la suite est bien meilleure.

La série trouve son rythme et j’aime bien la variété du traitement des affaires. Pas seulement les thèmes.

Parfois on va avoir le coupable assez vite mais la clé sera de savoir comment l’équipe va connecter les éléments, parfois on a une surprise en milieu de saison, parfois une révélation plus tard. Ca permet de garder une fraicheur au truc c’est sympa.

L’aspect personnel est un peu inégal (les aventures en saison 1 et 3 sont vraiment dispensables, même si la première a au moins un intérêt dans l’intrigue), mais la famille n’est pas un boulet pour la série et le personnage et ça c’est cool. Je me souviens de séries comme le début d’Homeland où c’était une plaie plus qu’autre chose. Là on apprécie l’ex-femme, on évite les pièges clichés à la con, et la fille est intéressante aussi.

Si je devais donner un classement jusque là

Saison 4 > Saison 2 > Saison 3 >>> Saison 1

La saison 4 a une affaire et une dynamique des équipes vraiment excellente.
Les saisons 2 et 3 se tiennent à pas grand chose. La différence se fait dans la légèreté de la saison 2 et la série de twists en cours de saison. Mais la saison 3 est cool pour tester la loyauté de tout le monde, on joue vraiment dans un registre différent du reste.

2 J'aimes

ça me dit bien ton machin, pour après The Wire

Saison 5

Affaires :

  • Une pharmacie est cambriolée, propriétaire est tué et les suspects ont pu fuir à cause d’une succession d’erreurs de la division d’Hollywood,
  • Une affaire vieille de 20 ans à laquelle Bosch a participé pourrait être rouverte par le Conviction Integrity Unit,
  • Des policiers en patrouille ont tué un suspect, l’affaire peut enflammer à nouveau la relation déjà fragile avec la communauté.

Le premier épisode est raté et malheureusement donne le ton d’une saison peu inspirée (même si elle se rattrape sur la fin). D’une part c’est très curieux d’avoir Bosch undercover vu qu’il a été célèbre avec son procès, l’affaire Elias… Ensuite la construction à base de « 15 jours plus tôt » est éculée, et l’épisode en lui-même est lent et peine à installer les enjeux. Les seuls éléments prometteurs étaient en toile de fond, avec en particulier la division Hollywood qui traverse une sale période.

Des promesses commencent à arriver au fil des épisodes avec Bosch qui engage Honey Chandler, Jimmy Robertson qui hérite de l’affaire du propriétaire de la voiture qui a servi à la fuite des tueurs. Mais l’affaire principale peine vraiment à décoller. Et on reste figé sur cette idée malvenue de Bosch undercover pour vraiment se prendre au jeu. D’autant que la tension peine à prendre quand il y est car on sait qu’il ne mourra pas. Cela aurait été la dernière saison, pourquoi pas, mais là…

La virée undercover donne malgré tout un peu de tension et la seule vraie réussite c’est que la cause de sa couverture grillée ne vienne pas de lui, mais de l’autre affaire qui fait l’objet d’un article, et la personne servant de source à cet article, qui sera révélée en fin de saison est un joli bonus. Mais en dehors de ça, c’était très moyen.

L’autre bêtise vient du bureau de DA, ils laissent Maddie seule avec accès à des dossiers concernant son père, ils auraient du l’éloigner de toute personne liée à ce procès dès le début… J’ai pensé à un moment qu’ils tendaient un piège à Maddie pour forcer la main d’Harry (tu avoues et Maddie ne risquera rien juridiquement), mais même pas, ça sert juste à mettre de la tension amoureuse avec son crush… Aïe.

Néanmoins cette vieille affaire est le dossier le plus intéressant pendant les 9/10è de la saison, avec le procès en guise d’apothéose. D’une part le duo Bosch/Honey est bon et délivre ses promesses avec ce mélange de crainte et de respect que la série arrive à bien utiliser. Le procès se clôt assez rapidement et « facilement », ce qui pourrait frustrer, mais ça donne un passage d’une grosse dizaine de minutes excellent et assez drôle. Cela me convient.

Du côté de J Edgar, ce n’était pas très passionnant non plus, on sort de nulle part ses racines haïtiennes et l’émotion ne passe pas vraiment quand les types qu’on vient de croiser sont en danger. Mais la fin de saison est bonne et prometteuse. C’est la première fois qu’on voit plus d’un dossier ouvert en fin de saison. Curieux de voir si ça restera un fil rouge en second plan pour développer J Edgar ou si ça prendra plus la lumière pour une grosse enquête.

On avait démarré la saison avec la division Hollywood en difficulté, cela a donné quelques petites manœuvres du Lieutenant, et une intrigue secondaire sur Crate et Barrel qui sont poussés à la retraite. Sur ce point, j’ai trouvé le début pas mal, le cœur de la saison pas bien passionnant, mais ça finit assez bien et sur le ton de l’humour (et un peu d’émotion avec le duo qui ne se sépare pas au final).

Dernier dossier, Irving. Après 4 saisons en allié direct ou indirect de Bosch, c’est risqué de prendre ce virage où il devient un potentiel ennemi, pour avoir trafiqué des preuves puis couvert ses traces. Le lancement d’une campagne de maire peut être intéressante si c’est bien traité. L’histoire des flics en patrouille qui ont tué un suspect et qui seront protégés, c’est dans l’air du temps, mais ça n’a pas donné une scène qui sortait du lot. C’était un bouche trou assez faible.

Du coup, même si la saison s’enchaîne bien (passé quelques épisodes), il y a trop d’éléments gênants qui font que c’est la plus faible avec la première. La première souffrait surtout dans sa forme je pense, là c’est le fond qui n’était pas à la hauteur. Espérons que ça relève vite la tête !

5.01 - 5
5.02 - 6
5.03 - 6
5.04 - 6
5.05 - 7
5.06 - 7
5.07 - 6
5.08 - 7
5.09 - 8
5.10 - 7


Accident de parcours, sans être mauvaise, la saison est assez bancale, avec une affaire principale faible et trop de choix discutables.

Saison 6

Affaires :

  • Du Cesium a été volé par Dr Kent, un physicien médical, qui agissait pour protéger sa femme. Il a été exécuté,
  • J Edgar continue d’enquêter sur les policiers qui trafiquent avec les jamaïcains,
  • Bosch recherche toujours une piste sur la mort de Daisy, la fille de l’addict Elizabeth Clayton.

Cette saison est sans doute la plus régulière de toutes. Pas un épisode n’est mauvais, on ne s’ennuie pas, on a toujours au moins une informations intéressante par épisode. Pas de temps faible… mais aucun gros temps fort non plus. Pas à un moment j’ai eu des petits frissons d’excitation devant une révélation fracassante, un twist que je n’avais pas vu venir. C’est d’une incroyable fluidité mais sans éclat.

La menace du césium est assez vite mise de côté pour prendre l’aspect d’une enquête plus classique, je n’ai pas d’avis arrêté sur ce choix, le virage « enquête classique » n’est en rien problématique car les soupçons se tournent notamment sur le FBI. On peut simplement regretter qu’après la découverte du complice, la série n’a plus grand chose à dire.

Le personnage de Reece donnait une impression bizarre toute la saison. Je savais pas si on nous préparait la révélation qu’elle est derrière le meurtre, si c’était une love interest pour Harry, au final on n’a pas grand chose. S’il y a eu un jeu de (fausse) piste volontaire c’est bien vu, j’ai cru qu’on nous préparait un truc intéressant sur ce personnage, sinon ça donne l’impression qu’on ne savait pas vraiment quoi en faire. Si le personnage avait été introduit dans les premières saisons, ça allait être à coup sûr quelqu’un qu’on prendrait plaisir à recroiser, là ça paraît un peu tard sinon.

L’affaire de Daisy offre un coupable assez bien trouvé, c’est plus l’inspiration autour de ce coupable qui est intéressante. Le reste avec une addict qui peine à tourner la page était plus classique.

L’intrigue de J Edgar toujours liée aux jamaïcains et haïtiens démarre par un choc avec l’exécution des deux flics corrompus, la suite est plus tranquille, l’acteur derrière Jacques Avril était pas mal du tout, un sourire en façade qui fait un peu flipper, c’était un bon choix. Après des intrigues familiales pour J Edgar, on a eu une affaire au long cours, personnelles toujours, mais comme pour Bosch, ça a servi à développer le personnage. Passé le choc de l’assassinat des deux enquêteurs, il n’y a pas de scène qui m’ai mise sur le cul ceci dit. C’était bien, mais pas incroyable.

Du côté de Grace, on a senti une menace sur elle dès le début de saison : un #MeToo en raison de son côté trop tactile ? Le capitaine qui cherche à la dégager ? Un peu des deux au final, le capitaine profite d’une plainte verbale pour tenter de la foutre à la porte, cela donne surtout un épisode intéressant mêlant vengeance perso, une femme respectée qui gère bien la situation et un dossier a priori refermé.

Maddie travaille à présent avec Honey les promesses étaient là dès le départ, mais quand Honey prend plus de place dans l’affaire Kent, il a fallu les séparer. Cela donne le sentiment d’une occasion gâchée, on aurait aimé voir Maddie utiliser son flair Boschien pour montrer une autre facette de sa vie.

Enfin, Irving se lance dans une campagne pour la mairie, cette intrigue délivre plutôt du classique avec des concessions à faire, une image à adoucir et un dossier gênant qui le menace. Après une saison 5 qui le mettait en opposition à Bosch, les auteurs ont sans doute voulu le remettre dans les bonnes grâces. Certes il a un passé assez trouble, il a utilisé des faveurs pour progresser, mais à la fin il reste noble. Cette ligne ne me déçoit pas plus que ça, d’autant que le voir envoyer chier Scott Anderson et Killoran était assez amusant, mais comme d’autres points de la saison, ça donne le sentiment que ça aurait pu être meilleur.

C’est la meilleure façon de résumer la saison. C’était franchement pas mal du tout, y a pas un épisode à jeter, tous les personnages ont eu leur moment pour briller. Mais ça aurait pu être encore meilleur.

6.01 - 7
6.02 - 7
6.03 - 8
6.04 - 7
6.05 - 7
6.06 - 7
6.07 - 7
6.08 - 7
6.09 - 7
6.10 - 7


La saison la plus régulière. Pas un épisode ne semble plus faible qu’un autre, on enquille sans le moindre soucis les épisodes. Mais il n’y a pas de moment qui surprenne vraiment ou qui mette le cul par terre comme ça pouvait être dans la trilogie S2-S3-S4

Mon classement

Saison 4 > Saison 2 > Saison 5 > Saison 3 >>> Saison 5 > Saison 1

Les saisons 2-5-3 ça peut vraiment changer d’ordre selon le jour je pense, chaque saison a ses qualités spécifiques.