đŸŽ™ïž On refait le foot !

C’est le dĂ©fi orange foot ça ?

Oui c’est le mĂȘme principe

Ah je suis pas d’accord.

Pour moi la beautĂ© des pĂ©nalty c’est que tu peux avoir un Pontivy - PSG, l’issue de la sĂ©ance serait assez incertaine.
LĂ  avec ce que tu proposes, les Ă©quipes les plus techniques s’en sortiraient beaucoup mieux. Donc l’écart de division se ferait Ă©normĂ©ment ressentir, mais Ă©galement au plus haut niveau avec les Ă©quipes plus ou moins techniques.

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C’est le logo le moins cool qui a gagnĂ© :

https://twitter.com/brfootball/status/1590753859340619776?t=YmFGgN4w2nmETiUFKw0zhA&s=19

Ça reprend l’historique

https://twitter.com/_befootball/status/1590611655641436161?s=46&t=qHzID8iMWQ_d8RdraR5iJg

C’est marrant comme on peut oublier des transferts.

Dans les com celui qui m’a marquĂ© c’est celui lĂ  :
https://twitter.com/confiturek6/status/1590612249160216576?s=46&t=qHzID8iMWQ_d8RdraR5iJg

J’avais complĂštement oubliĂ© et j’ai 0 souvenir de l’un de ses matchs :hoho:

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En mattant les com moi c’est lui que j’avais totalement zappĂ© :

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De mĂ©moire
 C’était aprĂšs son passage MONSTRUEUX Ă  l’OM. OĂč il termine meilleur joueur de l’annĂ©e (dans une Ă©quipe moribonde), puis il prolonge une saison, Rudi Garcia arrive et le dĂ©truit totalement. :hoho:

Il a coulĂ© sur les derniers mois dĂ©jĂ  Ă  l’OM puis je crois qu’il a filĂ© au Qatar ou en AS. Et il est arrivĂ© chez vous en claquettes pour dĂ©panner une blessure j’imagine.

EDIT :

image

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Putain ArĂ©ola au Real c’est vrai ça

Mais c’était un prĂȘt par contre on l’a jamais achetĂ© ???

Uniquement en prĂȘt au Real oui.

Same shit :no:

Jamais sélectionné auparavant, il part faire le mondial :

On a retrouvé Jean-François Hernandez, le pÚre disparu de Lucas et Théo

Parti Ă  la recherche du pĂšre des frĂšres Lucas et ThĂ©o Hernandez, un ancien pro portĂ© disparu depuis dix-huit ans, « FF » l’a retrouvĂ© et a dĂ©couvert une histoire familiale assez Ă©loignĂ©e des rĂ©cits initiaux.

Par oĂč commencer ? Qui appeler ? La page est blanche, ou presque, au moment de dĂ©marrer la traque. Car c’en est une. Dix-huit ans que Jean-François Hernandez n’a plus donnĂ© signe de vie. Un premier texto arrive sur le portable. Un confrĂšre. « On a dĂ©jĂ  cherchĂ© de notre cĂŽtĂ©, mais on ne sait pas, on ne sait rien. Il a gardĂ© trĂšs peu de liens avec les gens en France. Bon courage. »

L’histoire intrigue. Jean-François Hernandez a portĂ© les couleurs de Toulouse, Marseille, de l’AtlĂ©tico de Madrid, a laissĂ© le souvenir d’un joueur « technique », « Ă©lĂ©gant », « rugueux » selon les vieilles coupures de presse, « toujours joyeux », « bon camarade », « fidĂšle en amitiĂ© », « toujours souriant », « quelqu’un qui aimait toujours avoir du monde autour de lui », selon la dizaine d’anciens coĂ©quipiers contactĂ©s par FF.

« J’ai eu deux heures pour mettre quelques affaires dans ma voiture. Je me suis retrouvĂ©e au bord de la piscine, Ă  la rue, sans rien »

Le coach du PSG, Christophe Galtier, faisait partie des proches. Il l’a mĂȘme Ă©tĂ© hĂ©bergĂ© chez lui quelques jours, en Espagne, Ă  la fin des annĂ©es 1990. « Jeff, c’est un gars gĂ©nĂ©reux, entier, honnĂȘte, toujours prĂ©sent pour les gens. Vous l’appelez pour un problĂšme, il dĂ©barque dans la seconde. C’est une personne merveilleuse, l’opposĂ© de tout ce que j’ai pu lire ou entendre sur lui depuis quelques annĂ©es. C’était surtout quelqu’un de trĂšs famille, qui a toujours profondĂ©ment aimĂ© ses enfants. Qu’est-ce qui a pu se passer ? »

« Jeff », pour les intimes, est aussi le pĂšre des internationaux français Lucas et ThĂ©o Hernandez. Mais l’ancien dĂ©fenseur central a disparu des radars depuis l’annĂ©e 2004, coupĂ© les ponts avec ses amis les plus proches et laissĂ© les autres parler Ă  sa place de cette disparition pleine de mystĂšre.

« Un matin, les huissiers ont sonnĂ© Ă  ma porte, a racontĂ© Laurence Py (FF du 11 avril 2017), la mĂšre des frĂšres Hernandez. J’ai eu deux heures pour mettre quelques affaires dans ma voiture. Je me suis retrouvĂ©e au bord de la piscine, Ă  la rue, sans rien. On est allĂ©s habiter dans une chambre d’hĂŽtel, puis dans un petit appartement. Mes parents et mon frĂšre m’ont aidĂ©e depuis la France, mais je n’avais plus rien en Espagne. Personne ne savait oĂč le pĂšre Ă©tait parti. Pour mes enfants, il n’existe plus. Il n’a mĂȘme jamais existĂ©. » À l’époque, la rumeur l’accuse d’avoir fui le fisc espagnol, sans ĂȘtre confirmĂ©e par les autoritĂ©s.

En juin 2021, quelques jours avant le coup d’envoi de l’Euro, l’émission Zone interdite, sur M6 avait consacrĂ© un reportage Ă  l’intimitĂ© de quelques Bleus, dont Lucas Hernandez. Pour la toute premiĂšre fois, le dĂ©fenseur avait acceptĂ© de s’exprimer sur le sujet, face camĂ©ra.

« Je n’ai jamais compris, et je ne comprendrai jamais comment il a pu partir du jour au lendemain en nous abandonnant. Personne ne sait rien. Il y a des gens qui disent « il peut ĂȘtre là », mais personne ne sait rien Ă  100 %. Alors c’est bizarre, il ne parle Ă  personne, et je ne sais pas en ce moment s’il est vivant, s’il est mort. » Pendant tout le tĂ©moignage, le dĂ©fenseur ne dit jamais « papa », utilise parfois le terme de « gĂ©niteur », comme pour dire toute sa colĂšre. « Je ne le considĂšre pas comme mon pĂšre, parce que ce qu’il a fait, c’est irrĂ©parable. »

Le 26 mars 2018, L’Équipe avait consacrĂ© une page entiĂšre Ă  l’affaire. Franck Passi, ancien partenaire du dĂ©fenseur Ă  Toulouse, avait Ă©tĂ© l’un des rares Ă  accepter d’évoquer le sujet. Extrait. « On avait gardĂ© un contact Ă©troit, on s’appelait rĂ©guliĂšrement et, un jour, il m’a appelĂ© pour me dire qu’il partait en ThaĂŻlande. Depuis, plus rien. On n’arrive pas Ă  le tracer. Des amis l’ont rencontrĂ© sur l’üle de Koh Samui il y a trois-quatre ans
 »

VoilĂ  donc par oĂč commencer. Avec Franck Passi, dernier joueur, ou presque, Ă  lui avoir parlĂ© avant sa disparition. La rĂ©ponse du nouvel adjoint de Laurent Blanc Ă  Lyon tombe dans la foulĂ©e. NĂ©gative. « Bonjour. DĂ©solĂ©, mais je ne vais pas intervenir dans votre article. Bonne soirĂ©e. FP » On insiste. « MĂȘme en off ? » « Non, dĂ©solĂ©. »

« On a appris aprĂšs qu’il avait Ă©tĂ© footballeur. Il ne parlait pas trop de lui »

Ça commence mal. L’autre piste envoie vers la ThaĂŻlande, pays Ă©voquĂ© par plusieurs anciens coĂ©quipiers. « On a entendu dire qu’il Ă©tait lĂ -bas », confirme Jean-Philippe Durand, lui aussi un ancien de Toulouse et de l’OM.

D’aprĂšs les chiffres officiels du registre consulaire, 13 150 Français vivent actuellement dans ce pays d’Asie du Sud-Est. Une publicitĂ© dĂ©gotĂ©e sur un site tenu par un Français recense les bars, restaurants et hĂŽtels gĂ©rĂ©s par des compatriotes sur l’üle de Koh Samui. On envoie des messages comme des bouteilles Ă  la mer pour tenter de trouver quelque chose, de toucher quelqu’un qui aurait connu, croisĂ©, cĂŽtoyĂ© l’ancien dĂ©fenseur. Une dizaine de retours arrivent dans la boĂźte mail.

Les rĂ©ponses nĂ©gatives s’enchaĂźnent, n’incitent pas Ă  l’optimisme. Jusqu’à un matin de septembre et un message WhatsApp arrivĂ© pendant la nuit. L’expĂ©diteur s’appelle Nicolas, travaille sur place pour une agence immobiliĂšre depuis vingt ans. « Bonjour, je connais ce monsieur. Vous pouvez m’appeler. » À l’autre bout du fil, la voix est posĂ©e, claire, le rĂ©cit prĂ©cis.

« Il avait quelques affaires avec un cousin Ă  lui sur place. Ils avaient achetĂ© des terrains sur lesquels ils avaient fait construire des maisons qu’ils louaient. Ils avaient aussi une sorte de boulangerie-snack dans le quartier de Fisherman’s Village. Il y a beaucoup de Français ici, parfois dĂ©rangeants, mais lui Ă©tait trĂšs discret. Il ne sortait pas beaucoup, ne travaillait pas, mais, quand on le croisait, il Ă©tait toujours agrĂ©able, parlait avec nous sans problĂšme. Vous pouvez Ă©galement appeler Benjamin, un ami. Il l’a aussi croisĂ© plusieurs fois. » Un restaurateur français, expatriĂ© Ă  Koh Samui depuis quinze ans.

« Jean-François s’est fait Ă  cette idĂ©e terrible : il venait de perdre ses enfants »

« C’était quelqu’un de trĂšs accessible, confirme-t-il. On a appris aprĂšs qu’il avait Ă©tĂ© footballeur. Il ne parlait pas trop de lui. Mais c’était vraiment quelqu’un qui ne se prenait pas la tĂȘte. Il Ă©tait simple, discret. Parfois, des gens de sa famille venaient le voir. Par contre, on ne l’a plus revu depuis deux ans. »

Une source française, en poste Ă  l’immigration thaĂŻlandaise, vient confirmer l’information. « Il Ă©tait ici mais a quittĂ© la ThaĂŻlande en 2020 pour rentrer en France. Lui et son cousin ont vendu leurs affaires et ne sont plus jamais revenus. » Des photos prises lors de son passage Ă  l’aĂ©roport tĂ©moignent de son dĂ©part vers l’Hexagone. « S’il revient ici, nous le saurons et vous recontacterons. »

Retour case dĂ©part, ou presque. Il faut repartir de zĂ©ro, se focaliser sur la France, continuer d’approcher ses anciens coĂ©quipiers, d’anciennes connaissances, multiplier les coups de fil vers son entourage du passĂ©, pour dĂ©crocher une amorce d’indice, n’importe laquelle. Un ami d’enfance dĂ©croche, surpris par l’appel.

« Comment vous avez eu mon numĂ©ro ? » Les rĂ©ponses sont courtes, souvent Ă©vasives, le bonhomme, la bonne cinquantaine, paraĂźt gĂȘnĂ© d’évoquer le sujet, comme s’il faisait partie d’un cordon sanitaire. « Je ne vous dirai rien sur Jean-François. » Des rumeurs laissent croire qu’il pourrait dormir en prison. « C’est n’importe quoi : » D’autres qu’il aurait disparu. « Non, non, pas du tout. On s’est revus aprĂšs le Covid, il va bien. Les gens qui le connaissent savent la vĂ©ritĂ©, mais je ne vous en dirai pas plus. DĂ©solĂ©. »

« Jamais il n’a abandonnĂ© ses enfants »

De quelle vĂ©ritĂ© parle-t-il ? Une autre piste survient au dĂ©tour d’un forum. Un commentaire datĂ© de mars 2021, postĂ© en rĂ©ponse Ă  un message sur le triste destin familial des frĂšres Hernandez. « Je connaissais personnellement Jean-François Hernandez (cousin de mon cousin). » Maigre indice. On tente quand mĂȘme. La rĂ©ponse tombe dans la foulĂ©e. « Appelez mon cousin. VoilĂ  son numĂ©ro. Il vous dira tout. »

À l’autre bout de la ligne, Bruno Saliba. InstallĂ© dans le sud de la France, un cousin direct de Jean-François Hernandez va tout dire, comme promis, et dĂ©rouler un rĂ©cit totalement inattendu et loin de l’histoire habituelle. « Je suis surpris que vous m’appeliez mais, en mĂȘme temps, tellement content ! La vĂ©ritĂ© sur Jean-François va enfin pouvoir ĂȘtre rĂ©tablie. Ça fait des annĂ©es qu’on raconte tout et n’importe quoi sur lui, qu’on salit son nom sans gratter la vĂ©ritĂ©. »

Une digue serait-elle en train de cĂ©der ? L’homme enchaĂźne les pauses, prend le temps de tourner ses rĂ©ponses, Ă©mu. « Vous n’imaginez pas Ă  quel point le reportage de M6 a fait du mal. On a laissĂ© la mĂšre de ThĂ©o et Lucas Ă©taler son histoire sans jamais chercher (Ă  connaĂźtre) l’autre versant. Ce n’est pas normal. Ma tante, la mĂšre de Jeff et grand-mĂšre de ThĂ©o et Lucas, a 87 ans. Elle vit toujours et souffre de ne plus voir ses petits-enfants. Elle ne mĂ©rite pas ça, elle n’a jamais rien fait. Jeff non plus d’ailleurs. Ce sont des conneries qui sont dites sur lui depuis toutes ces annĂ©es. Jamais il n’a abandonnĂ© ses enfants. C’est elle, son ex-compagne, qui l’a coupĂ© de ses enfants. C’est Ă  cause d’elle et de son comportement tout ça ! »

Le cousin ne s’arrĂȘte plus, pointe toujours la mĂȘme personne du doigt. « Elle a Ă©tĂ© affreuse, lui a interdit de voir ses propres enfants, elle a fait des choses horribles. C’est parti trĂšs, trĂšs loin. Jeff a fini par baisser les bras. C’est sĂ»rement une erreur, et ça me fout les boules, mais c’est sa personnalitĂ©. Il n’avait plus la force de se battre. Il a fini par se retirer en ThaĂŻlande, fatiguĂ© et dĂ©primĂ© par toute la situation. Cette histoire est allĂ©e trop loin. Appelez la fille de Jeff, vous verrez
 »

« J’en ai marre. [
] On salit mon papa et mon nom depuis trop longtemps »

Nouveau rebondissement et nouvelle Ă©tape. Direction le Sud-Ouest, prĂšs de Toulouse. Jean-François Hernandez a entamĂ© sa premiĂšre vie d’adulte ici, jouĂ© ses premiers matches avec le TFC, au tout dĂ©but des annĂ©es 1990, partagĂ© le quotidien d’une jeune coiffeuse rencontrĂ©e pendant sa formation.

« Jeff Ă©tait heureux comme jamais, souffle un tĂ©moin. Il Ă©tait professionnel, prĂšs de sa famille et sortait avec cette fille qu’il adorait. » De cette union naĂźt Lauris Hernandez, grande fille de Jean-François Hernandez, la trentaine, en contact permanent avec son pĂšre pendant toutes ces annĂ©es de « disparition ».

Au moment de tout dire, son Ă©motion est palpable. Jamais la famille Hernandez n’avait pris le temps de livrer sa vĂ©ritĂ©. Par peur, par pudeur, par respect pour son pĂšre. « J’ai hĂ©sitĂ©, mais j’en ai marre d’entendre toutes ces choses sur lui, assure Lauris Hernandez au bout du fil. On salit mon papa et mon nom depuis trop longtemps. Tout ça aurait dĂ» rester dans la famille, mais elle (Laurence Py) a racontĂ© beaucoup trop de choses. Elle se fait passer pour une gentille, mais c’est une trĂšs mauvaise personne. Je peux en tĂ©moigner. »

« Elle me tapait avec une cuillĂšre, m’a dĂ©coupĂ© mon doudou »

Elle va tenir promesse. À l’époque, la jeune fille passe toutes les vacances scolaires chez son pĂšre. Ses demi-frĂšres ThĂ©o et Lucas sont lĂ , sa belle-mĂšre, sans emploi, Ă©galement. « Elle m’en a fait baver
 Elle m’obligeait Ă  l’appeler maman devant ma mĂšre, me tapait avec une cuillĂšre, me faisait manger de force jusqu’à ce que je vomisse. Elle m’a fait prendre six kilos en un mois en m’amenant au McDo tous les jours. Elle me coupait les cheveux, me les teignait. Une fois, elle m’a dĂ©coupĂ© mon doudou et l’a jetĂ© Ă  la poubelle. Mon papa Ă©tait trĂšs pris par le football et rentrait tard le soir. Moi, je ne disais rien, j’étais petite. À cet Ăąge, on ne raconte pas. Et je n’avais qu’une envie, c’était de passer du temps avec lui et mes deux frĂšres. Mais elle, c’est une personne trĂšs toxique
 »

Jean-Luc Reda, ami et ancien coĂ©quipier du joueur, a tout vu de cette pĂ©riode. Et rien oubliĂ© des difficultĂ©s du couple. « Un jour, on avait dĂ©barquĂ© chez Jeff avec ma femme. Il n’était pas encore arrivĂ©, c’est elle qui nous avait ouvert. On s’était installĂ©s dans le jardin, elle ne nous avait mĂȘme pas calculĂ©, ni mĂȘme servi un verre d’eau pour patienter. On sentait qu’elle n’avait pas du tout envie de nous parler. Elle voulait le couper de ses amis, elle se prenait pour quelqu’un d’autre. Jeff hĂ©bergeait aussi le frĂšre de sa compagne. On le voyait, il squattait, ne travaillait pas, ne payait rien, utilisait les voitures, la moto, ne calculait personne, sans jamais rien faire en retour. On sentait que les deux profitaient de lui et de sa situation. C’était trĂšs particulier. »

Un autre tĂ©moin nous raconte encore un dĂźner Ă  Madrid, aprĂšs un match de l’AtlĂ©tico. « Elle lui parlait trĂšs mal Ă  table, lui disait qu’il Ă©tait moche, qu’il avait un grand nez, qu’il n’avait pas de belles dents. Elle n’arrĂȘtait pas de le rabaisser
 C’était trĂšs gĂȘnant, surtout devant nous. Jeff gardait son calme, car c’est sa personnalitĂ© et qu’il dĂ©teste les conflits, mais on voyait que ça n’allait pas
 »

La relation fusionnelle entre les frĂšres Hernandez

Un flash-back s’impose. Pour dĂ©finir le cadre. Le jeune couple se rencontre Ă  Sochaux en 1995. Jean-François Hernandez prĂ©sente bien, s’affiche dans les journaux comme un joueur d’avenir. Laurence Py, jeune femme originaire de Belfort, sort d’une relation compliquĂ©e, trouve vite de la stabilitĂ© auprĂšs du dĂ©fenseur.

Le quotidien s’accĂ©lĂšre. La jeune femme tombe enceinte de Lucas, trois mois aprĂšs leur rencontre. ThĂ©o naĂźtra, dans la foulĂ©e ou presque, dix-huit mois plus tard. « Elle n’a jamais aimĂ© mon frĂšre, souffle Sylvia Gaston, l’une des grandes soeurs de Jean-François. C’est quelqu’un de vĂ©nal qui lui a fait beaucoup de mal. Elle Ă©tait avec lui par intĂ©rĂȘt. Elle n’a jamais travaillĂ©, et a profitĂ© de sa situation avec mon frĂšre. Lucas est mon filleul, mon mari est le parrain de ThĂ©o, mais elle nous coupait des enfants. Elle ne nous a jamais aimĂ©s et a tout fait pour Ă©loigner les petits de notre famille. C’est une mauvaise personne. Un jour, je l’ai vue tirer les cheveux de Lauris devant mes yeux, et j’ai dit stop. »

« Elle lui demandait de l’argent pour (le laisser) voir ses enfants »

Un ami proche garde un autre souvenir en tĂȘte. Tout aussi dur. « On avait appris qu’elle avait enfermĂ© Lauris dehors pendant plusieurs heures. Jean-François avait fait preuve de beaucoup de patience avec elle, mais ça devait s’arrĂȘter. » La relation cesse en 2002, Ă  Madrid. DĂ©finitivement. Jean-François Hernandez laisse maison, meubles et vĂ©hicules Ă  son ex-compagne, part s’installer tout prĂšs, seul. Lucas Hernandez a 6 ans, ThĂ©o presque 5.

« Il est parti une main devant et l’autre derriĂšre, explique Colette Ribes, l’autre soeur du joueur. Il avait tout laissĂ© pour que les enfants soient le mieux possible. Tout. Mais c’est vite devenu n’importe quoi. Elle lui demandait de l’argent pour les voir. À chaque fois que mon frĂšre les rĂ©cupĂ©rait, ils avaient des vieux vĂȘtements. Le frĂšre (de Laurence Py) qui squattait n’était mĂȘme pas capable d’acheter de la nourriture pour ses neveux. La situation devenait invivable. » Elle va devenir pire.

Un an aprĂšs la sĂ©paration, Jean-François Hernandez rencontre Sonia Moldes, star de la tĂ©lĂ© espagnole. Le coup de foudre est immĂ©diat. L’Espagnole va rapidement Ă©pouser le dĂ©fenseur, sa vie et les soucis qui vont avec. « C’est le moment pour tout le monde de connaĂźtre la vĂ©ritĂ©, et surtout les enfants, souffle-t-elle. Jamais je n’avais voulu parler avant, mais j’aime cette famille et c’est une douleur immense. Ce n’est pas juste pour eux, et pas juste que Jeff vive toute sa vie avec cette tristesse. Je ne dis pas qu’il a tout fait parfaitement, non. Il a dĂ©posĂ© les armes trop tĂŽt. Mais il faut chercher Ă  comprendre pourquoi il a abandonnĂ© comme cela. C’est Ă  cause de cette femme. Au-delĂ  d’ĂȘtre la pire personne que j’ai eue Ă  connaĂźtre dans ma vie, c’est une dĂ©sĂ©quilibrĂ©e. »

Jean-François Hernandez et elle se marient l’aprĂšs-midi du 26 avril 2003. La cĂ©rĂ©monie fait la une de la presse people espagnole. ThĂ©o et Lucas n’apparaissent sur aucune photo. « Elle avait refusĂ© que les enfants aillent au mariage de leur pĂšre, raconte encore Sylvia Gaston. Elle n’avait pas supportĂ©. Jean-François Ă©tait tellement malheureux de ne pas pouvoir partager ce moment avec ses garçons
 »

« Il s’est fait Ă  cette idĂ©e terrible : il venait de perdre ses enfants »

Sonia Moldes voit son compagnon, chaque jour un peu plus, souffrir de la situation. « Il devait se battre tout le temps. Quand Jeff devait les prendre, on se prĂ©sentait chez elle. Elle n’ouvrait pas. Elle nous disait par message « Je suis en France ». On allait en France, elle n’était pas lĂ . On nous disait « Elle est en Espagne ». On faisait des dĂ©nonciations aux autoritĂ©s en permanence. Elle empĂȘchait tout contact. Quand on arrivait Ă  les avoir, on passait des week-ends incroyables. Les enfants ne voulaient pas retourner chez leur mĂšre tellement ils s’amusaient. On les rĂ©cupĂ©rait le vendredi tout heureux de retrouver leur pĂšre, on passait un super week-end et, le dimanche, quand on les ramenait, ils ne parlaient pas. Ils Ă©taient super tristes. Ça faisait mal Ă  Jeff de les voir comme ça. »

Les menaces et plaintes ne changent rien. Pas plus que les conseils de son avocate, Mar Vega Mallo, qui lui recommande « d’aller chercher les enfants avec des tĂ©moins » puisque « les enfants voulaient vivre avec leur pĂšre quand ils Ă©taient petits ». La tension monte encore d’un cran au fil des mois. Sonia Moldes encore. « Parfois, ce sont eux qui nous appelaient. Ils Ă©taient seuls, dehors. On leur demandait oĂč Ă©tait leur mĂšre. Ils rĂ©pondaient : « Elle est partie au club de sport. » Elle les laissait seuls, seuls ! Jeff partait les voir en furie. Il leur disait : « Restez Ă  l’intĂ©rieur, j’arrive. » C’est vraiment trĂšs grave tout ce qu’il s’est passĂ©. Un autre jour, on a appris que les enfants avaient Ă©tĂ© dĂ©scolarisĂ©s. Ils devaient ĂȘtre Ă  l’école Ă  la rentrĂ©e de septembre, mais elle les en avait sortis. On n’en savait rien ! L’école avait fait un signalement auprĂšs de l’autoritĂ© des mineurs, qui nous a demandĂ© comment c’était possible. L’explication, je l’ai : elle est folle ! » Des mises en cause en nombre auxquelles Laurence Py, contactĂ©e, n’a pas souhaitĂ© rĂ©agir.

« Qui fait ça à une grand-mÚre ? »

À l’époque, le couple doit rĂ©guliĂšrement se cacher et mentir pour emmener les enfants visiter la famille Ă  Toulouse. « Combien de fois notre maman, la grand-mĂšre de Lucas et ThĂ©o, est allĂ©e Ă  l’aĂ©roport pour les rĂ©cupĂ©rer et qu’ils n’étaient pas lĂ , souffle encore Colette Ribes. On l’appelait, elle nous disait qu’elle les mettait dans l’avion, mais ne le faisait pas. Ma mĂšre envoyait rĂ©guliĂšrement des cartes avec un petit billet dedans, mais les enfants ne les avaient jamais. Qui fait ça Ă  une grand-mĂšre ? »

Les retours dans l’Hexagone servent de bouffĂ©es d’oxygĂšne. Des films vidĂ©o toujours disponibles et des photos prises Ă  Ibiza, Ă  Toulouse, dans le sud de la France viennent illustrer les propos. « Ils Ă©taient fans de leur pĂšre, dit encore Sonia Moldes, aujourd’hui sĂ©parĂ©e de Jean-François Hernandez. Et ThĂ©o, c’est le mĂȘme que son pĂšre. Quand on Ă©tait tous ensemble Ă  la maison, on Ă©tait heureux. Tout le monde jouait au football, on allait au cinĂ© et parfois Ă  Ibiza durant l’étĂ©. On allait manger oĂč ça leur faisait plaisir, on passait des soirĂ©es entiĂšres Ă  regarder des films sur le canapĂ©. Ils s’endormaient et on allait les porter jusqu’au lit. Des moments parfaits. Jeff Ă©tait un pĂšre normal, qui s’inquiĂ©tait de savoir s’ils mangeaient bien, s’ils s’amusaient. Et les enfants l’adoraient ! Il pouvait mourir pour eux. Il a tellement mal vĂ©cu que ça se passe comme ça
 »

DĂ©but 2004, Jean-François Hernandez, demande la garde dĂ©finitive des deux enfants. Mais la justice espagnole donne raison Ă  la mĂšre. Une habitude de l’autre cĂŽtĂ© des PyrĂ©nĂ©es. « On essayait de se battre avec des avocats, tout, mais c’était un enfer, dit Sonia Moldes. Et, Ă  force de lutte et de dĂ©sespoir, il a dĂ©posĂ© les armes. Il est parti en ThaĂŻlande. Je sais qu’il a essayĂ© plusieurs fois de parler avec eux depuis lĂ -bas, mais elle ne passait jamais les enfants. Il a abandonnĂ©. Il s’est fait Ă  cette idĂ©e terrible : il venait de perdre ses enfants. C’est ça, la version que Lucas et ThĂ©o doivent connaĂźtre. C’est pourquoi je veux que la vĂ©ritĂ© sorte publiquement. Leur pĂšre s’est dĂ©mobilisĂ© trop tĂŽt, oui, mais il ne les a pas abandonnĂ©s. Il les aime plus que sa propre vie. Et personne ne pourra trouver les bons mots auprĂšs de Lucas et ThĂ©o pour leur expliquer toute la peine que ça occasionne Ă  leur pĂšre. À tel point que, souvent, quand ce sujet arrivait dans la discussion, il demandait poliment Ă  ce qu’on parle d’autre chose. Ils doivent savoir. Tous ceux qui connaissent la vĂ©ritĂ© n’ont jamais parlĂ©, par respect, pour les protĂ©ger, eux, de ces histoires. Quand ils Ă©taient plus petits, ça m’aurait gĂȘnĂ©e de parler. Mais lĂ , ils sont devenus des hommes, ils ont eux-mĂȘmes des enfants. Et ce n’est pas juste. Jeff continue de souffrir de ça. » Ici, en France. « Oui, il est lĂ , nous souffle pudiquement ses soeurs. Il vit dans le Sud-Ouest. »

On y file. ForcĂ©ment. L’endroit est calme. Bordeaux pointe Ă  une quarantaine de minutes par la route. LĂ , un magasin Gifi, lĂ -bas un entrepĂŽt de tissus, ici une entreprise spĂ©cialisĂ©e dans les meubles de cuisine. Jean-François Hernandez n’habite pas loin, apprend le mĂ©tier de commercial depuis plus de deux ans, sillonne les routes de France, se reconstruit doucement aprĂšs une longue dĂ©pression.

« Il pleure devant les matches de l’équipe de France »

Fin 2020, il a dĂ©cidĂ© de revenir pour se rapprocher de sa mĂšre, de ses deux soeurs, de sa fille. Chaque week-end, il roule jusqu’à Toulouse pour dĂ©jeuner avec sa mĂšre et passer du temps avec son petit-fils. « Il faut le voir avec lui, sourit Lauris Hernandez. Il est complĂštement gaga. C’est un papy extraordinaire. » Depuis quelques mois, l’ancien Marseillais a une nouvelle compagne. « Elle est vraiment trĂšs bien, raconte Thierry Alajarin, copain d’enfance. Elle lui fait du bien, il est apaisĂ©. MĂȘme s’il ne parle jamais de cette histoire, on sent qu’elle est lĂ , en lui. » MĂȘme sur lui. Jean-François Hernandez porte des manches longues pour cacher des soucis d’eczĂ©ma, stigmates visibles de son histoire passĂ©e.

L’ancien joueur professionnel ne rate jamais un match des Bleus. « Mais il les regarde seul, parce qu’il pleure quasiment du dĂ©but Ă  la fin du match. C’est trĂšs dur pour lui. » SollicitĂ© plusieurs fois, l’ancien pro n’a pas souhaitĂ© nous rĂ©pondre. Trop compliquĂ© pour lui. « Mon papa ne veut pas parler Ă  la presse, explique Lauris Hernandez. Ses enfants lui manquent terriblement, il souffre, mais il ne veut surtout pas passer pour un opportuniste aux yeux des autres. Et pourtant, je vous assure que tout le monde vit bien chez nous. On s’en fout de l’argent de ThĂ©o et Lucas. Tout ce qu’on veut, c’est les revoir. Mon papa surtout. »

Chaque annĂ©e, la fille de Jean-François Hernandez envoie des mots pour les anniversaires, les NoĂ«ls, les Ă©vĂ©nements familiaux, Ă  ThĂ©o et Lucas - « Mes frĂšres » -, via les rĂ©seaux sociaux. « Je ne sais pas s’ils les voient. Mais ils me manquent, je les aime. J’ai des souvenirs magnifiques avec eux. Au fond de moi, je me dis qu’ils doivent aussi se souvenir. Ils n’étaient pas si jeunes que ça. Notre grand-mĂšre serait aussi tellement heureuse de pouvoir les revoir
 »

La fiertĂ© de Lucas et ThĂ©o Hernandez d’ĂȘtre ensemble en Ă©quipe de France

Jean-François Hernandez s’est coupĂ© de beaucoup d’amis. Au fur et Ă  mesure de cette enquĂȘte, on s’est chargĂ© de leur annoncer son retour en France. L’émotion est palpable. Chez Christophe Galtier notamment. « Ça me fait mal d’apprendre que Jeff n’ose pas m’appeler. Je suis vraiment Ă©mu. J’ai trĂšs envie de le voir, qu’il me tĂ©lĂ©phone. Je sais qu’il est pudique, mais j’ai mille choses Ă  lui dire. Je peux l’aider s’il le souhaite. »

D’autres encore attendent des nouvelles. Peut-ĂȘtre plus tard. « Il s’est dit tellement d’horreurs sur lui, souffle sa soeur Sylvia Gaston
 C’est dur pour lui. Il ne mĂ©rite pas ça. C’est quelqu’un de profondĂ©ment gentil et gĂ©nĂ©reux. Je sais qu’il espĂšre secrĂštement que ses fils vont l’appeler. Il les aime tellement. Je n’ose pas imaginer dans quel Ă©tat de joie il serait si ça se faisait
 »

Voici la retranscription d’un extrait du PV (ci-dessous) du 23 janvier 2002 Ă  la suite d’une plainte dĂ©posĂ©e par Jean-François Hernandez.
« Qu’à 8 h 50, le plaignant Jean-François Hernandez s’est prĂ©sentĂ© au domicile, lieu oĂč vivent son ex-compagne et ses deux enfants de 4 et 5 ans, Ă©tant convenu d’un accord avec Laurence pour emmener les enfants Ă  l’école, parce qu’elle manquait de vĂ©hicule. Que quand le plaignant est allĂ© au domicile numĂ©ro 1 de la rue Playa de la Cantera, son ex-compagne a commencĂ© Ă  l’insulter et Ă  le menacer, lui disant que s’il ne lui donnait pas l’argent qu’elle lui demandait pour leur sĂ©paration, elle continuerait Ă  faire de fausses dĂ©nonciations le concernant, sur des mauvais traitements et des agressions, en plus de le menacer qu’il ne verrait plus ses enfants.
Qu’en mĂȘme temps que Laurence l’insultait et le menaçait, elle lui a lancĂ© plusieurs chaussures et une poĂȘle, sans toucher le plaignant.
Qu’en mĂȘme temps qu’elle refusait de confier ses enfants pour qu’il les emmĂšne Ă  l’école, avec le tĂ©moignage d’un observateur de l’Urbanizacion Bonanza de cette localitĂ©, mĂȘme si l’un d’eux accĂ©dait au vĂ©hicule, Laurence a essayĂ© de l’en sortir, moment oĂč le garçon a rĂ©sistĂ© pour ne pas sortir dudit vĂ©hicule, avant que Laurence ne lui dise en français, « sors de la voiture ou je t’en colle une ».
Que vers les 9 h 15, une patrouille de la Guardia Civil de cette localitĂ© s’est prĂ©sentĂ©e, avec des tĂ©moins, que Laurence refusait de confier les enfants pour qu’ils aillent Ă  l’école.
Que, finalement, une fois que la patrouille de la Guardia Civil est intervenue, Laurence a acceptĂ© de laisser ses enfants, ce qui a fait que le plaignant a pu emmener ses enfants Ă  l’école. »

Source: france football

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c’est chaud cette histoire.

Par contre le timing, FF vous ĂȘtes salopes :hoho:

SacrĂ© enquĂȘte que M6 a l’époque n’a pas faites. C’est tellement chaud l’histoire de base.

Mais c’est sacrĂ©ment malaisant quoi. Limite j’aurais tendance Ă  penser que quand tu as ton article complet fallait pas le sortir mais contacter les frĂšres et que eux aprĂšs gĂšre leur mis comme ils veulent.

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Terrible cette histoire, ça me rappelle celle de mon frùre et de son ex femmes avec mes niùces

Pas vues depuis 6 ans et lui aussi Ă  ses yeux n’a plus qu’une fille et non 3 pour s’éviter de souffrir trop

Bref j’espĂšre que peut ĂȘtre ça permettra aux deux fils Hernandez de se poser de bonnes questions et de chercher Ă  en savoir plus sur cette histoire et de se faire leur opinion sur la situation.
Et en effet dommage que ça sorte dans le public car ça devrait rester une affaire privĂ© uniquement


Hyper chaud. Franchement c’est triste.

Quand tu apprends ça, pour les deux frÚres, tu dois remettre tout ton début de vie en question.

Hallucinant.

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Source: l’Equipe

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