Rejoins la Deadly Class

Tirée d’un comic américain, la série Deadly Class, diffusée sur Syfy en 2019, vous propose de suivre les étudiants d’une école de formation d’assassins. Les professeurs de King’s Dominion proposent des cours pour perfectionner les techniques d’arts martiaux, l’empoisonnement ou encore la psychologie. Mais pour la nouvelle recrue Marcus Lopez, il faudra d’abord se faire une place au milieu des clans qui font régner leur loi dans les couloirs.

King’s Dominion et ses clans


L’école

King’s Dominion Atelier of the Deadly Arts est le nom complet de cette école atypique créée par l’arrière grand-père de Master Lin pour donner aux paysans la capacité de détrôner leurs maîtres corrompus.
Master Lin est le directeur de l’école et donne des cours théoriques sur les arts létaux.
Il est entouré d’une équipe de professeurs dévoués. Miss DeLuca donne des cours pratiques de combat en corps à corps. Tout est permis pour désarmer son adversaire et prendre le dessus. Jürgen Denke vous fera aimer les cours de chimie avec son atelier dédié à l’empoisonnement. Il n’est pas interdit d’empoisonner un camarade en cours, rien ne vaut la pratique. Master Zane est spécialiste des combats à mains nues. Quant à Scorpio Slasher, ce professeur est surveillé de près par l’école car il a beaucoup d’expérience dans le psyché des tueurs en série.
Au fil des épisodes, on va découvrir les coulisses et secrets de cette école.

Les clans

Face à la dureté des cours et du danger permanent, King’s Dominion est peuplé de différents clans auto-gérés par les élèves.
  • Kuroki Syndicate est le clan des Yakuza, dirigé par Saya,

  • Final World Order regroupes les élèves noirs, et sont dirigés par Willie,

  • Soto Vatos est le clan des mexicains, redouté à cause de son leader, Chico,

  • Dixie Mob, aucune série montrant des gangs ne peut échapper à ses nazis. On les dit également consanguins. Leur leader n’est pas connu, mais le visage le plus familier est Brandy,

  • Derrière ces quatre clans majeurs, des petits groupes se réunissent par affinités. On y trouve The Hessians pour les passionnés de Metal, les Preps sont les bourgeois et enfin les Rats, qui n’ont pas de style particulier, mais qu’on pourrait rapprocher aux gothiques.

Marcus Lopez

Le personnage principal de la série est Marcus Lopez, on va donc suivre ses premiers pas dans cette école. Alors qu’il est SDF et en fuite depuis l’incendie de son orphelinat, il est repéré par Master Lin qui demande à ses élèves de le recruter. C’est Saya qui le trouvera en premier et qui va l’attirer grâce à ses charmes.
Marcus est pour l’école un candidat idéal, il est en effet le responsable de l’incendie de l’orphelinat qui a tué de nombreuses personnes. Et malgré ses doutes, Marcus va vite comprendre que la vie dans cette école, aussi dangereuse soit-elle est plus agréable que la vie dans la rue, à se cacher de la police.
Voilà pour une brève présentation de l’école, des clans et de l’univers Deadly Class. Rien (ou presque) n’a été dévoilé au-delà des 20 premières minutes de l’épisode. Dans son excellent premier épisode, la série arrive à installer son univers, les personnages et à faire deviner le potentiel de cette école en quelques minutes.
Je vais développer d’autres aspects de la série dans les prochaines parties.

Les années 80 et l’anti-Stranger Things


Les années 80 sont à la mode dans le cinéma ou les séries actuelles. Ce fantasme de cette époque bien plus simple et prospère est un bonheur pour la culture populaire. Deadly Class se situe dans cette époque également mais s’attache à rétablir l’équilibre.
La série est très politisée et reprend dès le titre de son premier épisode, celui du comic : Reagan Youth. Ronald Reagan a bouleversé la politique américaine à bien des égards et si on devait résumer grossièrement sa politique économique c’est de l’ultra-libéralisme et une réduction drastique des dépenses du gouvernement. La santé, l’éducation, l’aide sociale ont pris un sacré coup et Deadly Class tient à mettre en avant ces victimes-là.
Chaque personnage a vécu un drame qui l’a conduit à entrer dans cette école, tous ne sont pas liés à la politique mais ils sont tous le symbole d’une époque bien plus crade et cruelle que les productions actuelles de la télévision et du cinéma ne veulent nous montrer.
Master Lin donne ses premiers travaux pratiques à la classe : il faut assassiner quelqu’un. La cible de Marcus devient claire pour lui : il va tuer Ronald Reagan. Au-delà du ton provocateur, Deadly Class ne met jamais de côté son univers sale, loin du fantasme. La pauvreté, la violence est présente à tous les coins de rue. Les élites abusent sans le moindre mal de leurs privilèges.
Le comic ou la série n’est pas du tout une réponse à Stranger Things ou Ready Player One (pour citer les productions qui font le plus de clins d’oeil à cette époque), il n’y a pas de volonté d’attaquer ces productions. Mais il est bon de rappeler que derrière cette époque fantasmée, surtout au regard des USA, il y a un côté bien moins glorieux derrière tout cela.
Pour finir, ça reste quand même les années 80. La musique est toujours aussi cool, les concerts sont dingues, la drogue est très festive, les comics sont une bonne distraction et Deadly Class n’oublie pas de nous le montrer.

Deadly Class, c’est bien ?


J’ai présenté la série, décrit un peu plus en détail l’univers et mis en avant un point qui me semble majeur dans cette série. Mais est-elle bonne cette série ?
Visuellement, la série est belle est cohérente avec son propos. Le propos sombre colle bien avec les décors crades. La réalisation des combats est réussie et on a des combats stylés. Je pense notamment aux scènes avec Maria quand elle porte son maquillage façon Dia de los muertos et qu’elle fait des dégâts avec son arme fétiche, l’éventail composé de poignards.
Pour montrer ses flashbacks, la série utilise des séquences animées reprenant le visuel des comics. Ils peuvent se montrer déroutants, comme l’épisode où Marcus est sous acide, mais ils permettent de mettre en scène des moments d’une violence très graphique sans alerter les responsables de la censure de la chaîne.
La bande son fait honneur aux années 80 et même sans être fan de tous les genres proposés, nos oreilles prennent du plaisir. On a même la meilleure utilisation de « Ça plane pour moi » de Plastic Bertrand à la télévision.
Les personnages sont quelque peu inégaux, mais des personnages comme Chico, d’abord énervants, montrent des facettes plus intéressants au fil de l’aventure. Certains côtés de Maria pourraient lasser mais l’actrice fait du bon boulot et évite toujours de la rendre pénible. La déception viendra de Willie finalement, derrière une façade très cool, il peine à se montrer à la hauteur des autres personnages, malgré le travail de l’acteur qui s’en sort plutôt bien. En dehors de cette petite déception, on s’attache facilement aux jeunes personnages et on aurait même aimé que la saison soit plus longue et prenne plus son temps pour les montrer interagir un peu plus souvent dans l’école.
Au niveau du scenario, on n’échappe pas à du drama habituel mais le ton adulte permet de ne jamais trouver des scènes niaises. Le grand villain de la saison est assez discret pendant la saison mais ses apparitions deviennent de plus en plus fun au fil des épisodes et il est l’un des méchants les plus déroutants que j’ai pu voir. Mes connaissances de Batman sont très minces, mais on a l’air d’être proche d’un Joker, mais façon Redneck. Son envie de se mettre en scène offre des passages excellents.
Les critiques professionnels se montrent assez mitigés sur la série, beaucoup sont restés sur leur faim après les grandes promesses du premier épisode. Si tout n’est pas parfait, j’ai passé un très bon moment et si la série avait une suite, je me jetterai dessus sans la moindre hésitation.


L’avenir de Deadly Class…


En raison des faibles audiences de la série, la chaîne américaine Syfy a décidé de ne pas poursuivre l’aventure avec Deadly Class. Les producteurs sont en quête d’un repreneur pour raconter la suite des aventures de cette école atypique.
Si toutefois la série ne pouvait pas se poursuivre, il est possible de se tourner vers la comic qui est toujours en production, 7 tomes (120 pages chacun environ) ont été publiés à ce jour aux US et traduit en France chez Urban Comics.


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Grâce à la série, je découvre le comic. Je peux donner quelques informations

La saison 1 de la série couvre les deux premiers tomes des comics (11 issues). Les principaux évènements y sont fidèles mais la série développe beaucoup plus les personnages secondaires, en particulier les rats (Petra, notamment apparaît très rarement et ne prend pas part à la fameuse attaque). Si les acteurs sont plus “propres” et beaux que dans le comic, ce n’est pas quelque chose d’inhabituel à la télé, mais cela confirme mon impression que l’adaptation est un très bon complément, très fidèle dans l’esprit malgré les nombreux ajouts.

Me reste 27 chapitres inédits à découvrir à présent :kidpre:

Et malheureusement, l’avenir de la série reste plus que trouble, aucune chaîne n’a repris le projet.

La fin des espoirs pour la série est confirmée

Dommage, c’était vraiment sympa comme show