📚 Sur votre table de chevet

Les chapitres sur l’insurrection des Casseurs et des Incendiaires à Valbeck
 :goodbeat:
Franchement, le rythme est beaucoup mieux maitrisĂ© sur ce livre. C’était parfois le soucis de la premiĂšre trilogie, mais là
 c’est du trĂšs haut niveau.

Je suis en train de lire « L’Outsider » de Stephen King, le livre est incroyable !

Je lis peu mais quasi exclusivement Stephen King et ne suis jamais déçu !

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L’Outsider est gĂ©nial et la sĂ©rie aussi si tu ne l’as pas encore vue !
Il y a une suite, l’Institut, que je trouve au moins aussi bonne, et les M. Mercedes qui se dĂ©roulent dans le mĂȘme univers si tu veux.

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Ah je ne savais pas qu’il y avait une sĂ©rie :sac: mais en gĂ©nĂ©ral les sĂ©ries inspirĂ©es des livres sont moins bien?

Mais celle lĂ  est plutĂŽt cool pour le coup !

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Je plussoie !

Je suis sur le « Maldoror » du Comte de Lautréamont.
C’est frissonnant.

Allez je vous mets un petit peu du début :

Il n’est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre ; quelques-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger. Par consĂ©quent, Ăąme timide, avant de pĂ©nĂ©trer plus loin dans de pareilles landes inexplorĂ©es, dirige tes talons en arriĂšre et non en avant. Écoute bien ce que je te dis : dirige tes talons en arriĂšre et non en avant, comme les yeux d’un fils qui se dĂ©tourne respectueusement de la contemplation auguste de la face maternelle



DĂ©tails

PlĂ»t au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanĂ©ment fĂ©roce comme ce qu’il lit, trouve, sans se dĂ©sorienter, son chemin abrupt et sauvage, Ă  travers les marĂ©cages dĂ©solĂ©s de ces pages sombres et pleines de poison ; car, Ă  moins qu’il n’apporte dans sa lecture une logique rigoureuse et une tension d’esprit Ă©gale au moins Ă  sa dĂ©fiance, les Ă©manations mortelles de ce livre imbiberont son Ăąme comme l’eau le sucre. Il n’est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre ; quelques-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger. Par consĂ©quent, Ăąme timide, avant de pĂ©nĂ©trer plus loin dans de pareilles landes inexplorĂ©es, dirige tes talons en arriĂšre et non en avant. Écoute bien ce que je te dis : dirige tes talons en arriĂšre et non en avant, comme les yeux d’un fils qui se dĂ©tourne respectueusement de la contemplation auguste de la face maternelle ; ou, plutĂŽt, comme un angle Ă  perte de vue de grues frileuses mĂ©ditant beaucoup, qui, pendant l’hiver, vole puissamment Ă  travers le silence, toutes voiles tendues, vers un point dĂ©terminĂ© de l’horizon, d’oĂč tout Ă  coup part un vent Ă©trange et fort, prĂ©curseur de la tempĂȘte. La grue la plus vieille et qui forme Ă  elle seule l’avant-garde, voyant cela, branle la tĂȘte comme une personne raisonnable, consĂ©quemment son bec aussi qu’elle fait claquer, et n’est pas contente (moi, non plus, je ne le serais pas Ă  sa place), tandis que son vieux cou, dĂ©garni de plumes et contemporain de trois gĂ©nĂ©rations de grues, se remue en ondulations irritĂ©es qui prĂ©sagent l’orage qui s’approche de plus en plus. AprĂšs avoir de sang-froid regardĂ© plusieurs fois de tous les cĂŽtĂ©s avec des yeux qui renferment l’expĂ©rience, prudemment, la premiĂšre (car, c’est elle qui a le privilĂšge de montrer les plumes de sa queue aux autres grues infĂ©rieures en intelligence), avec son cri vigilant de mĂ©lancolique sentinelle, pour repousser l’ennemi commun, elle vire avec flexibilitĂ© la pointe de la figure gĂ©omĂ©trique (c’est peut-ĂȘtre un triangle, mais on ne voit pas le troisiĂšme cĂŽtĂ© que forment dans l’espace ces curieux oiseaux de passage), soit Ă  bĂąbord, soit Ă  tribord, comme un habile capitaine ; et, manƓuvrant avec des ailes qui ne paraissent pas plus grandes que celles d’un moineau, parce qu’elle n’est pas bĂȘte, elle prend ainsi un autre chemin philosophique et plus sĂ»r.

Un peu du mal Ă  lire ces derniers jours.

Je fais le lĂąche avec des audio Book gratuit youtube.

Certains en ont des biens ou tranquille ?

J’aime bien le Marc Aurùle pour s’endormir.

C’est calme et apaisant, pas trop prise de tĂȘte.

Je relis des poĂšmes et j’avais envie de partager ce poĂšme gĂ©nial de Baudelaire

DĂ©tails

AU LECTEUR

La sottise, l’erreur, le pĂ©chĂ©, la lĂ©sine,
Occupent nos esprits et travaillent nos corps,
Et nous alimentons nos aimables remords,
Comme les mendiants nourrissent leur vermine.

Nos pĂ©chĂ©s sont tĂȘtus, nos repentirs sont lĂąches ;
Nous nous faisons payer grassement nos aveux,
Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,
Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches.

Sur l’oreiller du mal c’est Satan TrismĂ©giste
Qui berce longuement notre esprit enchanté,
Et le riche métal de notre volonté
Est tout vaporisé par ce savant chimiste.

C’est le Diable qui tient les fils qui nous remuent !
Aux objets répugnants nous trouvons des appas ;
Chaque jour vers l’Enfer nous descendons d’un pas,
Sans horreur, à travers des ténÚbres qui puent.

Ainsi qu’un dĂ©bauchĂ© pauvre qui baise et mange
Le sein martyrisĂ© d’une antique catin,
Nous volons au passage un plaisir clandestin
Que nous pressons bien fort comme une vieille orange.

SerrĂ©, fourmillant, comme un million d’helminthes,
Dans nos cerveaux ribote un peuple de DĂ©mons,
Et, quand nous respirons, la Mort dans nos poumons
Descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes.

Si le viol, le poison, le poignard, l’incendie,
N’ont pas encor brodĂ© de leurs plaisants dessins
Le canevas banal de nos piteux destins,
C’est que notre Ăąme, hĂ©las ! n’est pas assez hardie.

Mais parmi les chacals, les panthĂšres, les lices,
Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,
Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,
Dans la ménagerie infùme de nos vices,

Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde !
Quoiqu’il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,
Il ferait volontiers de la terre un débris
Et dans un bĂąillement avalerait le monde ;

C’est l’Ennui ! - l’oeil chargĂ© d’un pleur involontaire,
Il rĂȘve d’échafauds en fumant son houka.
Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,

  • Hypocrite lecteur, - mon semblable, - mon frĂšre !

@revizor :fap2:

40 minutes de bonheur. J’adore cette sĂ©rie de Konbini.

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Tu me refais ma journée copain :coffe:

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