Sweet Home, un formidable comic d'horreur

Je vous présentais il y a quelques mois l’application Webtoons qui permet de découvrir gratuitement des comics du monde entier. Parmi toutes ces créations, il fallait que je vous parle de Sweet Home que je dévore depuis le mois d’octobre. Venus de Corée du Sud, les créateurs Youngchan Hwang et Carnby Kim, qui étaient déjà derrière le très réputé Bastard, signent un comic d’horreur passionnant.


Une mise en place angoissante…


Lorsque j’ai démarré Sweet Home, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre, je n’ai pas fait mes recherches, et grand bien m’en a pris. Après un prologue sombre mais somme toute classique, le comic installe une ambiance horrifique diablement efficace. Hyun Cha est un jeune adulte isolé qui doit déménager après un drame personnel. Et après quelques jours derrière son PC, quelques évènements flippants se produisent chez ses voisins. On comprend donc très vite qu’on a affaire à un comic d’horreur.

Il n’y a rien de révolutionnaire dans ces premiers chapitres mais c’est la première fois que je vois un comic soignant autant sa mise en scène. Reprenant les codes des films d’horreur, avec des plans savamment choisis, on a une succession de dessins qui prennent le temps de faire monter la tension, en dévoilant petit à petit, comme un travelling au cinéma, son image forte qui va vous donner un petit frisson. Près de deux mois après la lecture, j’ai encore en tête la mythique scène de l’interphone avec la voisine ou les pas qui s’approchent de l’appartement de Hyun pendant qu’il se cache sous son lit.

Certes je ne suis pas un habitué des comics d’horreur mais son scenario parfaitement maîtrisé et sa mise en scène m’ont offert une mise en bouche extrêmement réussie. Ces premiers chapitres vont me rester en mémoire pendant longtemps et je les relirais avec plaisir pour me replonger dans cette introduction angoissante.


Des virages surprenants, mais réussis


Au bout de quelques chapitres, la comic prend un premier virage majeur. Alors qu’on était en plein récit d’horreur classique, on passe à une histoire post-apocalyptique. Ce choix peut surprendre. Et décevoir. Pour être honnête, j’ai craint une énième resucée de The Walking Dead qui risquait de manquer d’inspiration et s’embourber dans des histoires à base d’humains qui sont bien « pires » que les monstres. Mais ce premier virage est bien abordé. On dévore les chapitres comme à la première heure. Les personnages et leurs actions ne sont pas aussi prévisibles qu’on le pensait et on finit par s’attacher à ce groupe dans leur immeuble hostile.

Un autre virage, qui arrive peu après, est l’apparition de monstres. Bien qu’étant ravi de ne pas voir de zombies, les monstres n’étaient pas non plus ce que j’espérais voir dans ce comic d’horreur. Mais l’inspiration des auteurs est bien présente et les monstres se révèlent souvent flippants, marrants ou originaux. Le comic a des allures de l’Attaque des Titans et grâce aux dessins et à l’amour des gros plans des auteurs, on a des planches mythiques qui donnent envie de prendre une pluie de screenshots de son écran dans la plupart des chapitres (malheureusement, la fonction est bloquée par Webtoons pour des éviter de faciliter le travail des pirates). Le monstre bodybuildé avec son sourire satisfait, celui qui marche comme une araignée ou le réveil d’un monstre au pire moment possible sont des moments mémorables qui m’ont plus d’une fois fait sourire ou donné une petite boule au ventre.

Enfin, après des dizaines de chapitres, on a un nouveau tournant qui pourrait amener la plus grande déception du comic. Celui d’avoir des clichés des mangas de type shōnen. Autrement dit, la force du comic qui était d’avoir un personnage banal au milieu de l’horreur se perd au profit d’un personnage qui est une forme d’élu, qui possède des qualités exceptionnelles qu’on ne soupçonnait pas au début. À l’heure actuelle on n’a pas toutes les réponses, mais ce virage semble de plus en plus assumé au fil des chapitres. Mais à l’image du manga Tokyo Ghoul, la psychologie du personnage et sa lutte interne avec ses désirs suicidaires parviennent à captiver. Des chapitres introspectifs qui seraient casse-gueules ou tout simplement chiants dans d’autres créations restent habiles et intéressants dans celui-ci.

Je vais me ruer sur Bastard sous peu pour découvrir l’autre création de ce duo talentueux. En tout cas, Sweet Home ressemble à un patchwork risqué des genres qu’ils adorent et qu’ils voulaient explorer. On sent qu’ils fourmillent d’idées : horreur, post-apo, monstres et shōnen; ce mélange aurait pu être un désastre (et peut toujours le devenir), mais l’inspiration dans les dessins, la mise en scène et le scenario parviennent toujours à passionner. Chaque obstacle est affronté avec brio, pourvu que ça dure !



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La fin du comic arrive sur webtoons dans deux semaines, après 140 chapitres.

Ayant pris un peu de retard, je me suis lancé dans une relecture pour pouvoir arriver tout frais sur la fin.

J’ai pu lire le comic jusqu’au bout, pas de temps faible, de bons moments d’horreur, des surprises fréquentes et pas mal d’émotion, c’est un des meilleur comic de la plate-forme.

Netflix produit actuellement une adaptation en Korean Drama, pas sûr que ça rende super bien, mais bon, au moins l’auteur a du prendre un pognon bien mérité

Long trailer pour l’arrivée en France

L’esprit du comic est bien respecté, bon après faut voir car les monstres comme ça, c’est toujours casse gueule

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